‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 133 sur 242 · GÉRONTE, CLÉON · texte numérisé non relu

GÉRONTE, CLÉON

GERONTE.

A-t-on vu quelque part un fonds d'impertinences De cette force-là ?

CLÉON

Si sur les apparences...

GÉRONTE

Oii diable preniez-vous qu'il avoit de l'esprit f

C'est un original qui ne sait ce qu'il dit,

Un de ces merveilleux gâtés par des caillettes;

Ni goût, ni jugement, un tissu d'3 sornettes,

Et monsieur celui-ci, madame celle-là,

Des riens, des airs, du vent, en trois mots le voilà.

Ma foi, sauf votre avis...

CLÉON

.le m'en rapporle au vôtre; Vous vous y connoissc-z tout aussi bien qu'un autre . Prenez qu'on m'a surpris et que je n'ai rien dit; Après tout je n'ai fait que rendre le récit

824 LE MliCIIAN V.

De gens qu'il voit beaucoup; moi, qui ne le vois guère Qu'en passant, j'ignorois le fond du caractère.

G lin ON" TU.

Oh ! sur parole ainsi ne louons point les gens : Avant que de louer j'examine longtemps; Avant que de blâmer, mèiiie cérémonie : Aussi connois-je bien mon monde; et je défie, Quand j'ai (oisé mes gens, qu'on m'en impose en rien. Autrefois j'ai tant vu, soit en mal, :^oit en bien, De réputations contraires aux personnes.

Que je n'en admets plus ni mauvaises ni bonnes; Il fiiut y voir soi-môme ; et, par exempte, vous, Si je les en croyois, ne disent-ils pas tous Que vous êtes méchant? ce langage m'assomme : Je vous ai bien suivi, je vous trouve bon homme.

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