ACTE V, SCÈNE VII. 3G
M'.innoncer froidement cette affreuse nouvelle?
FLORISE
Il faut ne nous plus voir.
CLEON, se releviint, et éclatant de rire.
Ma foi . si vous voulez Que je vous parle aussi très-vrai, vous me comblez. Vous m'avez épargné, par cet aveu sincère, Le même compliment que je voulois vous faire. Vous cessez de m'aimer, vous me croyez quitté ; Mais j'ai depuis longtemps gagné de primauté.
FLORISE
C'est trop souffrir ici la honte oià je m'abaisse; Je rougis des égards qu'employoit ma foiblesse. Eh bien ! allez , monsieur : que vos talents sur nous Épuisent tous les traits qui sont dignes de vous ; lis partent de trop bas pour pouvoir nous atteindre. Vous êtes démasqué, vous n'êtes plus à craindre : Je ne demande pas d'autre éclaircissement, Voui n'en méritez point. Partez dès ce moment; Ne me voyez jamais.
CLÉON
La dignité s'en mêle!
Vous mettez de l'humeur à cette bagatelle! Sans nousen aimer moins, nous nous quittons tous deux. Épargnons à Géronte un éclat scandaleux. Ne donnons point ici de scène extravagante , Attendons quelques jours, et vous serez contente : D'ailleurs il m'aime assez, et je crois mal aisé...
FLORISE
Oh ! je veux sur-le-champ qu'il soit désabusé.
8G6 LE M lie 11 A NT.