SUR UN MARIAGE. J
Garantissant leur sort heureux, L'Amitié couronnoit leurs nœuds Do ses guirlandes immortelles.
Un solennel complimenteur, Un long faiseur d'épithalames, Déploieroit ici sa splendeur En beaux grands vers, en anagrammes, Eu refrains de chaînes j d'ardeurs , De beaux deslins j de belles flammes, Il viendroit traînant après lui Son édition bien pliée, Bien pesante, bien dédiée, Mêler les crêpes de l'ennui Aux atours de la mariée.
Mais laissons dans tout leur repos Les galants innocents propos Dont les chansonniers de familles Et les aiglons provinciaux Forment leurs longues cantatilles, Leurs vieux impromptus, leurs rondeaux ^ Toutes leurs flammes si gentilles, Et leurs perfides madrigaux.
Le sévère et mâle génie Du sage et brillant Despréaux S'indigneroit si l'ineptie De tous ces vers de coterie, De fadeurs, de mauvais propos, Profanoit Crosne, sa patrie, Et par des sons fastidieux Troubloit le charme et l'harmonie De la fêle de ces beaux lieux.
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Pour roinhlor les plus loiulios iia>;i(l:>,
Que celle union fasse naître
D'illustres rojolons nombreux,
Dans qui la pairie et le maître
Puissent en tout temps leconnoitre
Des coeurs dignes de leurs aïeux !
A. l'unanime et vrai suffrage
!■ t de la ville et de la cour,
Si du fond d'un simple ermitage
On peut allier en ce jour
Un champêtre et naïf hommage;
Parmi les lauriers et l'enccris,
Les roses, les myrtes naissants,
Dont les parfums et la parure
Entourent deux époux charmants,
La bonhomie à l'aventure
Vient mêler une fleur des chamj)S,
Le symbole des jeunes gens.
Et le bouq et de la nature.
Les pompons, les vernis du temps,
L'esprit des mots, l'enfantillage.
Les gaîtés de tant do [il, lisants
Si facétieux, si pesants,
Le sophistique jjersiflage.
L'air singulier, les tons tranchants
N'ornent point de leurs agréments
Ce tribut d'un climat sauvage;
Loin des tourbillons enchanteurs
Du bel esprit et du ramage.
Loin (les bons airs et de l'usage,
On n'a que les antiques mœurs,