É PITRE HUITIEME
Je visois au stylo, aux couleurs,
A celte empirique éloquence ,
Au ton nouf et sans conséquence
De nos merveilleux raisonneurs ,
Contemplés comme créateurs
D'un nouveau ciel, d'un nouveau monde,
Par cette foule vagabonde
De très-humbles littérateurs,
D'échos répandus à la ronde.
De perroquets adininiteurs,
De sous-illustres, d'amateurs,
Qui vont répétant vers et prose,
Et d'autrui faisant les honneurs,
Pour se croire aussi quelque chose.
Mais je me sauve promptement;
Je craindrois insensiblement,
Pour ma longue petite épître,
L'air d'ouvrage qu'assurément
Elle prendroit sans aucun titre.
Si ces riens courent l'univers, Et que par hasard l'on en cause ( Car tel est le destin des vers , Un instant de vogue en dispose, F,t bien ou mal la rime expose Au bruit, aux propos, aux faux airs, Aux sots, aux esprits, à la glose Des pédants lourdement diserts, Des freluquets lilas ou verts.
Et des oisons couleur de rose.
Enfin à cent dégoûts divers Que n'ont point messieurs de la prose ) ;