‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 52 sur 242 · É PITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

É PITRE HUITIEME

Je visois au stylo, aux couleurs,

A celte empirique éloquence ,

Au ton nouf et sans conséquence

De nos merveilleux raisonneurs ,

Contemplés comme créateurs

D'un nouveau ciel, d'un nouveau monde,

Par cette foule vagabonde

De très-humbles littérateurs,

D'échos répandus à la ronde.

De perroquets adininiteurs,

De sous-illustres, d'amateurs,

Qui vont répétant vers et prose,

Et d'autrui faisant les honneurs,

Pour se croire aussi quelque chose.

Mais je me sauve promptement;

Je craindrois insensiblement,

Pour ma longue petite épître,

L'air d'ouvrage qu'assurément

Elle prendroit sans aucun titre.

Si ces riens courent l'univers, Et que par hasard l'on en cause ( Car tel est le destin des vers , Un instant de vogue en dispose, F,t bien ou mal la rime expose Au bruit, aux propos, aux faux airs, Aux sots, aux esprits, à la glose Des pédants lourdement diserts, Des freluquets lilas ou verts.

Et des oisons couleur de rose.

Enfin à cent dégoûts divers Que n'ont point messieurs de la prose ) ;

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