A M. DE BOULONGNE
CONXnOLEUR GENERAL.
MiMSTRE aimable, heureux génie, Que le bonheur de la patrie Appelle aux travaux de Colbert, Dans cette cour qui do concert Vous félicite et vous implore, Pouvez-vous reconnoître encore Une voix qui vient du désert ?
Depuis l'instant où la puissance Du plus chéri des souverains A remis dans vos sages mains L'urne heureuse de l'abondance Pour la splendeur de nos destins, Des importuns de toute espèce, Des ennuyeux de tous les rangs.
» M. DK I50UL0NGNE.
Des pcns joyeux avec tristesse, Des machines à compliments, Vous auront excédé sans cesse Do fadeurs, de propos charmants, Déployant avec gentillesse L'ennui dans tous ses agréments.
Vous ave/, essuyé sans doute Le poids des discours arrangés; Les protecteurs, les protégés.
Tout s'est courbé sur votre route.
Les grands entourent la faveur; La foule vole à l'cspéi ance ; Tout environne, tout encense Le temple brillant du bonheur :
Vous aurez vu toute la France.
Moi qui, séparé des vivants.
Dans ma profonde solitude.
Ignore le jargon des grands Et celui de la multitude , Je ne viens point d'un vain encens Surcharger votre lassitude De gloire et d'applaudissements; Je déplorerois au contraire Les travaux toujours renaissants.
Et le joug où le ministère Vient attaclier tous vos moments Si je n'aimois trop ma patrie Pour plaindre les brillants liens Dont elle enchaîne votre vie.
Elle parle, il faut que j'oublie Tous vos intérêts pour les siens.
l'iirdonnoz ce brusque langage Aux niiPurs franches de mon séjour, C'est le compliment d'un sauvage, Qui, loin de la langue du jour, Loin des souplesses de l'usage, Kt trouvant pour vous son hommage Gravé dans un cœur sans détour.
N'en veut pas savoir davantage.
Si je mMe si tard ma voix A l'allégresse générale, L'ignorance provinciale M'excuse par ses tristes droits.
Réduit pour toute nourriture A m'instruire, à m'orncr l'csjii :l Dans la Gazelle ou le Mercii::\ Sur ce qui se fait et se dit, Je ne sais rien qu'à Taventure; Je parle quand il n'est plus lomps, Et les nouvelles ont mille ans Quand l'imprimeur me les assure.
Ce n'est que dans ces lieux brillants Qu'enrichit la Seine féconde Des heureux tributs de son onde Que l'on sait tout, que l'on sait bien; Ailleurs on n'est plus de ce monde, On sait trop tard, on ne sait rion.
0 province! que ta lumière Languit sous des brouillards épais!
El sur les plus simples objets Quelle stupidité plénière!
Un seul trait parmi les journ.i'jx