LES DUCS DE GHEYREUSE
ET DE GHAULNES
A l'auméi; de flandue. 1717.
Ce dieu que la nature enlière Uappeloit pour la rajeunir, Ce printemps qui dans sa carrière Devroit ne voir que !e plaisir, Vient donc de rouvrir la bairièro Des fureurs et du repentir A l'extravagance guerrière !
Quand Vénus, Yertumne, Zéphyr, La Volupté, que tout respire.
Et qui réveille l'univers, Devroicnt n'offrir que les concerts De la musette et de la lyre, La trompette trouble les airs;
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F,l l'Aniour s'nlarmc et soiipiro- En voyant sorti c des cnfiTS Dos cyprès, des lauriers, dos fers.
La l\rort, la Gloire, et le Délire.
Ces masses de bronze et d'airain.
Où l'art sinistre de la guerre Ronferinc les feux du lonnorro, Déjà sur leur affreux chemin Écra?ent dans le sein de Flore Les myrtes, les roses, le thym, Qu'un ciel jtlus doux faisoit éclo;\?.
Déjà le laboureur déplore Ses sillons foulés et détruits.
Au lieu des plantes et dos fruits Dont elle alloit être parée, La terre aride et déchirée Se couvre d'un horrible amas De lentes, d'armes, de soldats; Et cette inèfe languissante Gémit en voyant ses enfants Étouffer la moisson naissante Pour se creuser des monuments.
0 vous qu'à regret j'envisage Dans CCS dangers et ces travaux^ Vous qui les cherchez en héros.
Et lés voyez des yeux du sage, Quand rcverrai-je l'houreux temps Où, la paix calmant les ravages - Et laissant vivre les vivants.
Vous reviendrez sur nos rivages Cueillir les fleurs de vingt printemps.
A MM. Dli CIIV.VREUSE, ETC. 1S3
Et partnger ?oiis nos ombrages
Le sort sensé des bonnes gens,
Loin des querelles d'Allemands,
Des pandoures anthropophages,
Et tels autres mauvais plaisants!
lIàtcz-vou> sous l'astre propice
D'un roi que suivenl constamment
L'Amour, la Victoire, cl iMaurice ;
Consommez l'asservissement
De ces fiers et foibles Bataves
Qui, craignant leur dernier moment,
Viennent tumuUuairement
De se redonner des entraves
Proscrites solennellement
Par leurs ancêtres moins esclaves ;
A notre destin immortel
Ramenez ces moments illustres,
Ces conquêtes dont le Texel
Tremble encore après quinze lustres.
Quel boulevard résistera
Au vainqueur qui le redemande?
Le môme Mars règne, commande;
Le m.ême sort obéira.
Sur les remparts de la Hollande
Allez, arborez la guirlande
Des lis qu'ils ont portés déjà;
Et ramenez à l'opéra
Les présidentes de Zélande
El les baronnes de Bréda;
Afin que, si l'effroi, la haine,
Ou le vain désespoir entraîna
184 EriTUK quin/,ii:me.
Los époux ;i B;i!avia,
On puisso, comme il conviendra,
Consoler la liaulo puissance
De leurs veuves pendani l'absence;
lit que jonquille et nacara
Fassent les liorneurs de la Franco
A la sotte qui les prendra.
Mais quelle vaine et chèro image M'entrclicnl déjii du relour, Quand nous sommes si loin du jour Qui doit finir votre esclavage?
Jusque-là quel affreux tourment!
Quel videl quel désœuvrement!
Que d'ennui, qu'en vain on évite, Et qu'on retrouve à tout moment, Vous attend, vous suit, vous agilol Que le camp le plus triomphant Pèse au vrai sage qui l'habite I Au milieu des sots embarras, Des longs dîners et du fracas De tant de gens braves et plats Que rétcrnelle Flandre assiMiible, Je ne vous plaindrai pourtant pas, Si vous ôtes souvent ensemble :
Dans ce pays triste et perdu, Vous trouvez et vous pouvez rendre I.a douceur de causer, d'entendre, [•;t le plaisir d'être entendu :
Parmi les ennuis de ia gloire, L'air grivois et le mauvais ton Do ce peup'e à cravate noire,