‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 75 sur 242 · A M. L'ABBÉ MARQUET · texte numérisé non relu

A M. L'ABBÉ MARQUET

La prophétie est accomplie,

Cher abbé, je reviens à loi;

La métamorphose est finie,

Et mes jours enfin sont à moi.

Victime, tu le sais, d'un âge oii l'on s'ignore.

Porté du berceau sur l'autel,

Je m'enlendois à peine encore, Quand j'y vins bégayer l'engagement ciuel... Nos goûts font nos destins : l'astre de ma naissancfl

Fut la paisible liberté; Pouvois-Je en fuir Tattrait? Xé pour l'indépendiince, Devois-je plus longtemps souffrir la violence

D'une lente captivité?

S2S ADIHUX AUX JESUITES.

C'en est fait; à mon sort ma raison me ramène S Mais, ami, t'avoùrai-je un tendre sentiment, Que 'on cœur généreux reconnoîira sans peine? Oui/mi>mc en la brisant, j'ai regretté ma ehaînc, Et jo no me suis vu libre qu'en soupirant. Je dois tous mes regrets aux sages que je quitte; J'en perds avec douleur l'entrclien vertueux; Et, si dans leurs foyers désormais jo n'habite.

Mon cœur me survit auprès d'eux; Car ne les crois pas lels que la main de l'envie

Les peint à des yeux prévenus; Si tu no les connois que sur ce qu'en publie

La ténébreuse calomnie, ,

Ils te sont encore inconnus.

Lis, et vois de leurs mœurs des traits plus ingénus. Qu'il m'est doux de pouvoir leur rendre un témoignage Dont l'intérêt, la crainte et l'espoir sont exclus!

A leur sort le mien ne tient plus; L'impartialité va tracer leur image.

Oui, j'ai vu des mortels, j'en dois ici l'aveu,

Trop combattus, connus trop peu ; J'ai vu des esprits vrais, des cœurs incorruptibles, Voués à la patrie, à leurs rois, à lenr Dieu,

A leurs propres maux insensibles, Prodigues de leurs jours, tendres, parfaits amis,

Et souvent bienfaiteurs paisibles

De leurs plus fougueux ennemis; Trop estimés enfin pour être moins haïs. Que d'autres, s'exhalant, dans leur haine insensée,

En reproches injurieux, Cherchent, en les quittant, k les rendre odieux :

Pour moi, fidèle au vrai, fidiMe à ma pensée, C'est ainsi qu'en parlant je leui- fais mes adieux.

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