‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 85 sur 242 · LK >[ F. CHANT · texte numérisé non relu

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m ON TIN.

l']s-lu folle? coinincntl On préparc une norc, une frte...

LISETTE

Oui vrainiciil, Crois cela; mais pour moi, j'en suis bien convaincue, JN'os affiiires vont mal, cl la noce est rompue.

FRONT IN

Pounpioi donc?

LISIÎTTE.

Oh ! pourquoi? Dans toute la m;ii.-on 11 règne un air d'aigreur et de division Qui ne le dit que trop. Au lieu de cette aisance Qu'établissoit ici l'entière confiance, On se boude, on s'évite, on bâille, on parle bas. Et je crains que demain on ne se parle pas. Va, la noce est bien loin, et j'en sais trop la cause : Ton maître sourdement...

l'HONTIN.

Lui! bien loin qu'il s'oppose Au choix qui doit unir Valère avec Chloé, Je puis te protester qu'il l'a fort appuyé, Et qu'au bon homme d'oncle il répète sans cesse Que c'est le seul parti qui convienne à sa nièce.

S il s'en môle, tant pis; car, s'il fait quoique bien, C'est que, pour faire mal, il lui sert de moyen. Je sais ce que je sais; et je ne puis comprendre Que, connoissant Cléon, lu veuilles le défendre. Druil. franc comme tu l'es, commetit eslime.s-lu Un fourbe, un homme faux, déshonoré, [.erdu,

ACli^ 1, toCENE I. C'!'!

Qui nuit h tout le monrle et croit tout I6f;itiine?

FRONT IN

Oh! quand on est fripon, je rabats de l'estime.

Mais autant qu'on peut voir, et que je m'y connois,

Mon maître est honnête homme, à quelque chose près.

La première vertu qu'en lui je considère,

C'est qu'il est libéral; excellent caractère!

Un maître, avec cela-, n'a jamais de défaut;

Et de sa probité c'est tout ce qu'il me faut.

Il me donne beaucoup, outre de fort bons gages.

LISETTE

11 faut, puisqu'il te fait de si grands avantages, Que de ton savoir-faire il ait souvent besoin. Mais tiens, parle-moi vrai, nous sommes sans témoin . Cette chanson qui fit une si belle histoire...

FRONT IN

Je ne me pique pas d'avoir de la mémoire.

Les rapports font toujours plus de mal que de bien :

Et de tout le passé je ne sais jamais rien.

Cette méthode est bonne, el. j'en veux faire usage. Adieu, monsieur Frontin.

FRONT IN

Quel est donc ce langage ?

Mais, Lisette, un moment.

LISETTE

Je n'ai que faire ici.

FRONTIN

As-tu donc oublié, pour me traiter ainsi.

Que je t'aime toujours, et que tu dois m'en croire?

813 LB MUCIIANT.

MSKTTK.

Je ne 1110 piijiio pas d'avoir de la mcmoiro.

FRONT IN

Jl.iis (lue vcux-lu?

LISETTE

Jo veux que, sans autre façon, Si lu veux m'épousor, tu laisses là Cléon.

FUONTIN.

Olil lo (juitter ainsi, c'est de l'ingratitude; Et puis, d'ailleurs, je suis animal d'habitude. Où trouvcrois-je mieux ?

Ce n'est pas l'embarras.

Si, malgré ce qu'on voit, et ce qu'on ne voit pas, La noce en question parveiioit à se faire. Je pourrois, par Chloé, te placer chez Valcre. Mais à propos de lui, j'apprends avec douleur Qu'il connoU fort ton maître, et c'est un grand malheur. Valèi'c, à ce qu'on dit, est aimable, sincère. Plein d'honneur, annonçant le meilleur caractère; Mais, séduit par l'esprit ou la fatuité, Croyant qu'on réussit par la méchanceté, Il a choisi, dit-on, Cléon pour son modèle; 11 est son complaisant, son copiste fidèle...

l-nONTIN.

Mais tu fais dos malheurs et des monstres de tout. Mon maître a de l'esprit, des lumières, du goût. L'air et le ton du monde; et le bien qu'il neut faire Est au-dessus du mal que tu crains pour Valèrc.

LISETTK.

Si pourtant ii ressemble h ce qu'on dit de lui,

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