‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 144 sur 213 · SCENE VI MOMUS, LA MORALE · texte numérisé non relu

SCENE VI MOMUS, LA MORALE

LA MORALE

C'est bien à Momus que j'ai l'honneur de parler?

MOMUS

A lui-même. Vous ne me reconnaissez pas dans ce nouvel habillement?

LA MORALE

Je ne vous avais jamais vu représenté dans un si bizarre équipage. Où sont vos greiols? où est \Q\m marotte? en un mot, tous vo£ attributs ordinaires?

MO MUS

En est-il de particuliers pour Momus? Toutes sortes d'attributs ne me conviennent-ils pas, depuis la foudre de Jupiter jusqu'aux tenailles de Vulcain?

LA MORALE

Il est vrai que votre esprit de vertige anime tous les états de la vie.

Vous ne voyez rien sur moi qui n'annonce quelques-unes de mes fonctions principales. Avec l'épée, je tue; avec la plume, je ruine; (prenant son peiii coiiei) avec cecij je subjugue les belles; (precam sa calotte) avcc cela^ je coiffe tout le monde.

LA MORALE

Mais que veut dire cet air martial que je vois répandu sur VOUS et qui prime un peu sur tout le reste ? cet habit, ce plumet, cette épée, ce baudrier...

MOMUS

Est-ce que ma plus belle qualité n'est pas celle de colonel du fameux régiment de la calotte*?

1. Le marquis d'Argenson s'exprime ainsi, à propos de la savante société de l'Entresol dont il faisait partie et surlaquelleil courait mille sots commérages: •Je ne me levais jamais le matin que je ne me disse: a Aujourd'hui paraîtra quelque brevet de calotte contre nous. » (Journal et Mémoires du marquis d'Argenson (10 décembre 1731.) Et le savant éditeur, M. Rathery, nous apprend dans une note (tome I, page 101) que c vers la fin du règne de Louis XIV, on imagina un Régiment de la calotte, dont on envoyait des brevets à ceux qu'on supposait avoir la tête légère. Cette plaisanterie qui avait pria naisiance parmi les gardes du corps, daus les antichambres de Ver-

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