‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 152 sur 213 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

» Décorant sa face burlesque, » Il haussait sa tête à l'évent ; » Et, d'une robe à longue queue, » Traînante après lui d'une lieue, » Balayait le sable mouvant.

» L'autre, le plumet sur la tête, » L'air étourdi, vif et mutin, » Ta, ta, ta, contre son voisin, » S'escrimait d'une longue brett«.

» Un autre, l'aiguille à la main, » A part, avec un ris malin, » Barbouillait sur une tablette.

9 Celui-ci faisait le poëte, » Et celui-là, le spadassin.

» Devant un miroir de toilette, » Rencontré parmi le butin, ■ Une guenon, difforme et vieille, » Cherchait de petits airs fripons, » S'ornait de cent brimborions, t Se peignait le museau, s'ajustait sur l'oreille ■ » Un moulinet et des pompons, » Et se trouvait belle à merveille.

» Nos gens, venant à s'éveiller,

» A cette rare mascarade

» Prirent un plaisir singulier,

» Et de l'animal familier

• Ds admiraient tous la boutade ;

» Quand ne voilà-t-il pas deux fous

» (Tels que vous et moi pourrions l'être)

» Qui lapident les sapajous. •

» Adieu, robin, rimeur. coquette, petit-maître !

» Chacun d'eux, se débarrassant * De son ridicule étalage, » Ne songea plus au badinage, » Et se fit, en disparaissant, » Regretter de tout l'équipage. »

Madame la Morale^

Les hommes extravaguent tous.

Mais pourquoi leur jeter la pierre?

Plus de ridicule sur terre, De quoi nous divertirons-nous ?

LA MORALE

Moi, je vais vous prouver, par un beau grand discours moral, qu'au contraire, les hommes..;

Page 1