‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 200 sur 213 · LE BERGER MALADROIT · texte numérisé non relu

LE BERGER MALADROIT

Sur un tendre gazon, Célimène, étendue,

Laissait à ses pieds son amant.

Et l'écoutait nonchalamment Sans lui répondre un mot, sans en paraître émue.

a Tournez du moins vers moi la vue.

Lui disait-il lanf::;uissamment; Bergère, après avoir aimé si constamment,

Toute ma peine est donc perdue !

Où vîtes-vous plus de respect?

Où voyez- vous plus de tendresse ?

Les aurai-Je toujours, quand j'éprouve, à regret, Que l'un m'est inutile et que l'autre vous blesse?

Comment, de vous, se fait-on donc aimer? Que dois-je !... » D'en plus dire il ne prit pns la poine,

Voyant les yeux de Célimène

S'appesantir et se fermer.

« Elle s'endort! ah! la cruelle!

Dit tout bas l'innocent berger.

Laissons-la donc en paix, et nous éloigTions d'elle. Adieu ! repose, ingrate ! et je vais m'affliger

De ne pouvoir être infidèle. » Dans la mélancolie aimant à se plonger, A ces mots il passa dans un lieu solitaire.

Pouvait-il pis ni mieux faire

S'il eût voulu se venger?

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