I. Le De Profundis avait para dans le ilereure, en mai
Contre La Chaussée.
Sur l'air de JoconcU.
Connaissez-vous sur THélicon
L'une et l'autre Thalie?
L'une est chaussée et l'autre non,
Mais c'est la plus jolie.
L'une a le rire de Vénus,
L'autre est froide et pincée :
Honneur à la belle aux pieds nus,
Nargue de la chaussée.
Sur V Esprit des Lois et les autres Œuvres du président de M ontesquieu
Torrents fougueux, vieux arbres, hauts rochers. Verte prairie, humble et riant bocage.
Tranquilles eaux, jardins, guérets, vergers. Composeraient un parfait paysage :
1. Piron avait pour Montesquieu une admiration que devait redoubler li reconnaissance : l'illustre Fraient avait tout fait pour sa nomination à l'A-
Or, de ce rare et sublime assemblage.
Printemps, hiver, en tout temps, en tout lieu, Désirez-vous avoir la vive image?
Ayez toujourslà la main Montesquieo.
A monsieur l'ahhé Trujbîet. Sur ses Essais de Morale (1735).
Honneur et gloire à l'auteur des Essais Et de Morale et de Littérature!
Plus on te lit, plus, cher abbé, tu plais Tu parviendras à la race future.
cadémie, et lorsque Piron fut exclu par la Cour, il avait plaidé avec chaleur pour lui obtenir le dédommagement d'une pension. La définition pittoresque que Piron donne ici du chef-d'œuvre de Montesquieu est d'ailleurs plus exacte qu'il ne le semblerait à un premier coup d'oeil superficiel. Montesquieu est réellement poète : il l'est par la conception comme par l'expression. 11 y a, dans l'Ef'prit des Lois, des oppositions, des contrastes ménagés, qui font assez bien l'effet d'un paysage plein de mouvement. Un des derniers panégyristes de Montesquieu, M. de Raynal, premier avocat général à la Cour de cassation, dans un récent Discours de rentrée (1865), a parfaitement caractérisé cette composition abrupte et savante, et ces mille accidents d'artiste et de peintre qui animent l'œuvre de Montesquieu : i II aime , a dit l'éloquent magistrat, à traduire sa pensée sous la forme du dialogue, de l'allégorie, de la fiction; de là, entre autres exemples, les Troglodytes, Lysimaque, le dialogue de Sylla et d'Ëucrate. — Il aime à se mettre en scèof, à faire assister
Ce n'est ici gracieuse imposture Ni faux encens : ton œil observateur Perce les plis et les replis du cœur, Y voit très-clair et très-bien y sait lire : Au fond du mien, lis donc, à ton honneur, Plus mille fois que l'esprit ne peut dire *.
* Au même, A sa réception à l'Académie française (1761).
L'abbé Gédoyn, en galant glorieux, Faisait fanfare et se vantait sans cesse, Ninon ayant dix-sept lustres et mieux, D'en avoir eu la dernière caresse.
Le beau triomphe ! et la rare prouesse I L'Académie aujourd'hui de ses fleurs
toia. lecteur, par des saillies inattendues, aa travail même de sa pensée. « Je suis embarrassé de tout ce que mon sujet me présente ;... j'écarte à droite et l gauche ; je perce et je me fais jour. » Ou bien : a Je ne sais si c'est l'esprit ou le cœur qui me dicte cet article-ci. i — Ou bien encore : c Je voudrais eouler sur une rivière tranquille ; je suis entraîné par un torrent. »
i, Piron, en louant ici l'abbé Trublet, s'est comme oublié lui-même et a mis totalement de côté son talent d'épigrammatiste. Il n'a fait là qu'un petit Madrigal, inspiré , croyons-le , par l'amitié. L'abbé Trublet restera à jamais célèbre par les vers de Yoltaire dans le Pauvre Diable. On n'en fera jamai ; un moraliste qui lit dans le cœur humain. C'est tout aa plus le type du peti littérateur, empressé, soigneux, et à la suite.
ÉPIGRÀTMMES 563
A, cher abbé, couronné tes labeurs :
Ta gloire est bien à plus haut apogée ! Tu viens d'avoir les dernières faveurs D'une catin bien autrement âgée.
Contre Voltaire.
Son enseigne est à l'Encyclopédie.
Que vous plaît-il? de l'anglais, du toscan î Vers, prose, algèbre, opéra, comédie?
Poëme épique, histoire, ode ou roman ? . Parlez! C'est fait. Vous lui donnez un an? Vous l'insultez !... En dix ou douze veilles, Sujets manques par l'aîné des Corneilles, Sujets remplis par le fier Crébillon, Il refond tout... Peste! voici merveilles ! Et la besogne est-elle bonne?... Oh! non!
Sur l'auteur dont l'épiderme Est collé tout près des os, La mort tarde à frapper ferme, Crainte d'ébrécher sa faux.
Dès qu'il aura les yeux clos (Car si faut-il qu'il y vienne), Adieu renom, bruit et los; Le temps jouera de la sienne.
Contre l'Académie française.
En France, on fait, par un plaisant moyen.
Taire un auteur, quand d'écrits il assomme :
Dans un fauteuil d'académicien,
Lui quarantième on fait asseoir cet homme ;
Lors il s'endort et ne fait plus qu'un somme
Plus n'en avez prose ni madrigal.
A.U bel esprit ce fauteuil est, en somme,
Ce qu'à l'amour est le lit conjugal.
Gens dé tous états, de tout âge.
Ou bien ou mal ou non lettrés.
De Cour, de ville ou de village, Castorisés, casqués, mitres.
Messieurs les beaux esprits titrés.
Au diable soit la pétaudière Où l'on dit à Nivelle : « Entrez; »
Et « I^escio vos » à Molière.
£PiÛRÀlkiMËS
N'aspirez plus au cercle des Uuarante,
Preux chevaliers, ni vous, ijeiiii.s prélats.
Si de lauriers la couruime vous lente.
Dans votre ciioix soyez plus délicats.
Vanité folle yn a pour tous écats.
Voyez ailleurs; car, à ne vous rien tau:e,
De celle-ci l'éclat imaginaire,
A gens d'éliie et de voti-e laçon,
Va comme irait une mitre à Voltaire,
Ou le plumet à l'abbé Terrasson *.