‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 25 sur 213 · SCÈNE PREMIÈRE BALIVEAU, FRANCALEU · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE BALIVEAU, FRANCALEU

BALIVEAU

I/hcureux tempérament ! Ma joie en est extrême. Gai,, vif, aimant à rire; enlin, toujours le même.

FRANCALEU.

C'est que je vous revois. Oui, mon cher Baliveau, Kmbrassons-nous encore^ et que, tout de nouveau. De l'ancienne amitié ce témoignage éclate. La séparation n'est pas de fraîche date ; Convenez-en : pendant l'intervalle écoulé, La Parque, à la sourdine, a diablement filé. Ln auriez-vous riiumcur moins gaillarde et moins vive? Pour moi, je suis de tout; joueur, amant, convive; iMéquentant, fêtoyant les bons faiseurs de vers. J'en fais môme comme eux.

BALIVEAU

Comme eux?

FRANCALEU.

Oui.

BALIVEAU

QupI travers!

FRANCALEU.

Pas tout à fait comme eux, car je les fais sans peine. Aussi me traitent-ils de poëte à la douzaine ; Mais, en dépit d'eux tous, ma muse, en tapinois, Se fait, dans le Mercure, applaudir tous les mcis.

BALIVEAU

Comment?

FRANCALEU.

J'y prends le nom d'une Basse-Bretonne.

Sous ce voile étranger, je ris, je plais, j'étonne; Et le masque femelle agaçant le lecteur. De tel qui m'a raillé fait mon adorateur.

BALIVEAU, à part.

Il est devenu fou !

FRANCALEU.

Lisez-vous le Mercure ?

Jamais.

FRANCALEU.

Tant pis, morbleu ! tant pis ! bonne lecture î Lisez celui du mois; vous y verrez encor, Comme aux dépens d'un fou, je m'y donne l'essor. Je ne sais pas qui c'est; mais le benêt s'abuse, Jusque-là qu'il me nomme une dixième muse. Et qu'il me veut, pour femme, avoir absolument. 'Moi j'ai, par un sonnet, riposté galamment. Je goûte à ce commerce un plaisir incroyable! Et vous ne trouvez pas l'aventure impayable?

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