ACTE II, SCENP: VIII l(Ȕi
Vous eûtes un esprit que la France admira; J'en eus un qui vous plut. L'univers le saura.
(n doiini- à Honiur du livre par le nez.) MONDOH.
Ouf!
Qui te savait là? Dis.
MONDOR
Maiigrebleu du geste î
DAMIS
Tu m'écoutais? Eh bien ! raille, blâme, conteste. Dis encor que mon art ne sert qu'à m'éblouir. Tu vois ! Je suis iieureux !
MONDOR
Plus que sage.
DAMIS
A touïr, Je ne me repaissais que de vaines chimères.
Votre bonheur, tout franc, ne se devinait guères.
DAMIS
Par un sot comme toi.
MONDOR
Mon Dieu, pas tant d'orgueil!
Vous ne pouviez manquer d'être vu de bon œil. Vous trouvez un esprit de la trempe du vôtre; * Mais vous n'eussiez jamais réussi près d'une autre.
170 LA METROMANIE
DAMIS
De pas une autre aussi je ne me soucierais. Celle-ci seule a tout ce que je désirais. De ma muse elle seule épuisant les caresses, Me fait prendre congé de toutes mes maîtresses.
MONDOR
Il faudrait en avoir, pour en prendre congé.
DAMIS
Je ne te parle aussi que de celles que j'ai.
MONDOR
Vous n'en eûtes jamais. J'ai de bons yeux, peut-être: Un valet veut tout voir, voit tout, et sait son maître. Comme à l'Observatoire un savant sait les deux; Et vous-même, monsieur, ne vous savez pas mieux.
Pas tant d'orgueil, toi-même, ami! Va, tu t'abuses. En fait d'amour, le cœur d'un favori des Muses Est un astre, vers qui l'entendement humain Dresserait d'ici-bas son télescope en vain. Sa sphère est au-dessus de toute intelligence. L'illusion nous frappe autant que l'existence ; Et, par le sentiment, suffisamment heureux. De l'amour seulement nous sommes amoureux. Ainsi le fantastique a droit sur notre hommage : Et ttos feux, pour objet, ne veulent qu'une image.
MONDOR
Monsieur, à ma portée ajustez-vous un peu; Et, de grâce, en français mettez-moi cet hébreu-