‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 44 sur 213 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Supposé qu'on la trompe, et qu'elle me le croie ; Où donc est encor là le grand sujet de joie? Je jouis d'une erreur; et j'aurais souhaité Une source plus pure à ma félicité !

Un mérite étranger est cause que l'on m'aime ; Et je me sens jaloux d'un autre, dans moi-même!

Hue la délicatesse est folle en ses excès ! Kh ! monsieur, y faut-il regarder de si près? Qu'importe du bonheur la source fausse ou vraie?

DORANTE

Tout ce que j'entrevois, de plus en plus m'effraie.

Le bonheur du poëte était encor douteux ;

Mais il est mon rival, et mon rival heureux.

De Lucile, sans cesse, il contemple les charmes.

11 se voit vingt rivaux, sans en prendre d'alarmes.

A l'estime du père il a le plus de part.

Seule, avec son valet, je te trouve à l'écart.

Que te veut-il? Pourquoi s'enfuit-il à ma vue?

Quels étaient vos complots? D'où vient paraître émue?

Réponds.

LISETTE

1 oiit bellement ! vous prenez trop de soin ; l't c'est aussi pousser l'inlerrogat trop loin.

DORANTE

Jo l'épierai si bien aujourd'hui... Prends-y gard^ Quelque part ciue tu sois, crois que je te regarde.

iSe LA MÉTROMANIE

Cependant, allons voir, en les feuilletant bien, Si ces tablettes-ci ne m'instruirort de rien.

Page 1