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VERS LYRIQUES Eï POÉSIES DIVERSES. 1l;>
Couvents* sacrez, parquets tumultueux.
Le laboureur la porte en sa charrue,
Et du pasteur aux toicts elle se rue.
L'homme de guerre aussi la porte en croupe,
Et le marchand avare dans la poupe.
Rien que vertu ne donte la fortune : *
Comme le roc, quand la mer importune
En çà et là contre luy se courrousse,
Rompt les gros flots et de soy les repousse,
bien heureux qui de rien ne s'estonne,
Et ne pallist, quand le ciel iré * tonne !
bien heureux, que les torches ardentes
Et des trois sœurs les couleuvres pendantes
N'excitent point! qui n'entrerompt * le fruit
De son repos pour quelque petit bruit !
Cest homme-là pour vray jamais ne tremble.
Bien que le ciel à la terre s'assemble :
Et ont les dieux sa fortresse ^ munie
Contre fortune et contre calomnie.
Le ciel vangeur, protecteur d'innocence.
Donne aux pervers souvent longue licence
De nuire aux bons; puis, contre eux irrité.
Commande au temps, père de vérité.
Descouvrir tout : lors la cause plus forte
Devient soudain la plus foible, de sorte
Que la grandeur de la peine compense
La tardité* de la juste vengeance.
Espère, amy, espère, dure, attcns
Ceste faveur et du ciel et du temps.
Et quand le ciel n'auroit aucun soucy
De tout cela que nous faisons icy.
Mais bien seroyent toutes humaines choses
Sous le pouvoir de la fortune encloses,