‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 111 sur 274 · Comp. pour superl. 5. MeUe à l'épreuve · texte numérisé non relu

Comp. pour superl. 5. MeUe à l'épreuve

2. A l'abord, à lu ]ireiiiière 4. Bien que*, rencontre. [i Excité'. R.

Je te veux enseigner un autre poinct notable : Pource que de la court l'eschole c'est la table. Si tu veux promptement en honneur parvenir, C'est oïl plus sagement il te faut maintenir. Il faut avoir tousjours le petit mot pour rire, Il faut des lieux communs, qu'à tout propos on lire, Passer ce qu'on ne sçait et se monstrer sçavant En ce que Ion a leu deux ou trois jows devant.

Mais qui de grands seigneurs veut acquérir la grâce 11 ne faut que les vers seulement il embrasse ; H faut d'autres propos son stile desguiser, Et ne leur faut tousjours des lettres deviser. Bref, pour estre en cest art des premiers de Ion aagc. Si tu veux finement jouer ton personnage.

Entre les courtisans du sçavant tu feras, Et entre les sçavans courtisan tu seras.

Pource te faut choisir matière convenable, Qui rende son autheur aux lecteurs agréable.

Et qui de leur plaisir t'apporte quelque fruict. Encores pourras-tu faire courir le bruit Que si tu n'en avois conmiandement du prince Tu ne l'exposerois aux yeux de ta province, Ains * te contenterois de le tenir secret : Car ce que tu en fais est à ton grand regret.

Et, à la vérité, la ruse coustumiere.

Et la meilleure, c'est rien ne mettre en lumière : Ains, jugeant librement des œuvres d'un chacun, Ne se rendre sujet au jugement d'aucun.

De peur que quelque fol te rende la pareille, S'il gaigne comme toy des grands princes l'oreille.

Tel estoit de son temps le premier estimé Duquel si on eust leu quelque ouvrage imprimé, 11 eust renouvelle (peut estre) la risée De la montagne enceinte : et sa muse prisée Si haut au paravant eust perdu (comme on dit)

1 Mais'.

La réputation qu*on luy donne à crédit.

Retien doncques ce poinct, et si tu m'en veux croire. Au jugement commun ne hazarde ta gloire.

Mais, sage, sois content du jugement de ceux Lesquels trouvent tout bon, auxquels plaire tu vimix. Qui peuvent t'avancer en estais et offices, t^ui peuvent te donner les riches bénéfices.

Non ce vent populaire et ce frivole bruit Qui de beaucoup de peine apporte peu de fruict. Ce faisant, tu tiendras le lieu d*un Arislarque, Et entre les sçavans seras comme un monarque : Tu seras bien venu entre les grands seigneurs, Desquels tu recevras les biens et les honneurs, Et non la pauvreté, des Muses Theritage, Laquelle est à ceux-là réservée en partage, Qui desdaignant la court, fascheux et malplaisan. Pour allonger leur gloire accourcissent leurs ans

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