Horace, 0(fes, III, r
IlECUEIL DE POÉSIE. 151
Et la mer sollicitée
N'est poiat * de ses avirons.
La vieille au visage blesme * Jamais grever ne le peut, Qui se tourmente elle-mesme, Quand tom'menter elle veult.
Son estoille veut qu'il vive Tousjours de l'amour ami.
Biais la volupté oisive Ne l'a oncques endormi.
11 fuit volontiers la ville, 11 hait en toute saison LiJ faulse tourbe civile Ennemie de raison.
Les superbes Colisées, Les palais ambitieux Et les maisons tant prisées Ne retiennent point ses yeux ;
Mais bien les fontaines vives Mères des petis ruisseaux Autour de leurs verdes rives Encourtiuez ^ d'arbrisseaux,
Dont la fraischeur, qui conioulc Les bœufs venant du labeur, * De la canicule ardente Ne sentit oncques la peur.
11 tarde* le cours des ondes, 11 donne oreilles aux bois, Et les cavernes profondes Fait rechanter sous sa voix :
Voix que ne feront point taire Les siècles s'entresuyvans, Voix qui les hommes peut faire A eux mesmcs survivans.