‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 122 sur 274 · ODE PASTORALE · texte numérisé non relu

ODE PASTORALE

A BERTRAND BERGIER DE MONTEMBEUP, NATIF DE B3.CTIERS ' POETE BEHO.X.MQUEUOl'FFOXMQUE *

Bergers couchez a l'enNcrs, A l'ombre des saules vcrds, Bergers, qui, au près des ondes Du Clain lenlemeni fuyant, Arrestez le cours oyanl De ses nymphes vagabondes :

Desmanchez vos chalmnemix Et dicles à ces ormeaux, A ces antres et fontaines :

N'escoulcz plus nos chanson:^, Ny ces ruisseaux, ny leurs sons, Knfans des roches hautaines :

1. Bcrgicr (1550) est l'aulcur Vov. Cl. BincI, Vie de Ronsard du ililbyrainbe attribue ù Rou- z. Poêle cliainpêtrc (b«duu, sani et inséré daus les Gaités. tanibouriu, L.-, N.) et boufTttii'

Mais oyez le son divin

Du chaliuneau poictevin

Renouvellant la mémoire

Du pasteur sicilien *,

Et du grand Italien *

La vive et durable gloire.

N'a gueres ' nostre berger,

Traversant d'un pié léger

Le dos chenu des montagnes,

Ramena les doctes Sœurs,

Abreuvant de leurs douceurs

Les poictevines campagnes.

C'est luy, premier des bergers,

Qui, dédaignant les dangers

De l'envieuse ignorance,

A ses vers osta le frein,

Les faisant d un libre train Galopper parmy la France,

Ses vers, de fureur guidez Comme fleuves débridez, D'une audacieuse fuyie Nos campagnes vont foulant ; Mais les ruisseaux vont coulant Tousjours d'une mesme suyte.

qu'ils ont tardé * souvent Et les ondes et le vent, Quand les nymphes poictevines Et les dieux aux pieds de bouc Trepignoient dessous le joug De ses cadences divines!

Mais bien les trouppeaux barbus Oyant des sommets herbus Ses aubades nompareilles, Ont faict mille et mille sauts, Et les plus lom'ds animaux

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