A la plaine, au plan, c.-à-d. pagne
Et tout ce que la peur traine encor à sa suylc, Aux Anglois, en leur royne, en tous les ennemis Qui contre les François en armes se sont mis : Et à fin que les forts, les villes, les villages, Les temples, les maisons, les sexes et les aages, i De ceux-là que j'entens, vous soient à ceste l'ois
^ Par toutes maudissons * et exécrables loix
^ Vouez et consacrez, je les consacre et voue,
I El du vœu que je fais la France m'en advoue.
Je les consacre donc pour le bien de mon roy, I Pour tous ses alliés, pour la France et pour moy :
A fin que tout le mal, l'orage, la tempcste.
Qui nous peut menacer, tombe dessus leur teste : Que nous demeurions saufs, nos femmes, nos enfans. \ Que nous en retournions vainqueurs et triompha ns.
Et chargez de butin, et que nostre victoire Soit pour jamais sacrée^ au temple de Mémoire : Qu'Angleterre, et sa royne, et tous ses alliés Ayant les bras au dos honteusement liez, Marchent la teste bas prisonniers de mon prince : Que tributaire soit à jamais leur province ^, El régnent à jamais nos enfans et ncpveux Sur les fils de leurs fils et ceux qui^ naistront d'eux. L Si vous faites ainsi, Styx, Acheron, Cocytc,
f L'Erebe, le Chaos, et tout ce qui habite
I A la gueule d'enfer, la Rage, la Fureur,
Et tout ce qui est plein d'une éternelle horreur, Je vous promets et voue, à la mode romaine, hntnoler trois aigncaux frisez de noire laine.
^ 1. Féminin avec juslc raison *i, Oonsycive*.
i^ (Ducange; L., étyrn.). 5. Pays*. 11.
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\U (ËtlVREâ CilOlâlÉâ DE DU ÈELLAV.
v^-lA COMPLAINTE DU DESESPERE
Ainsi que la fleur cueillie Ou par la bize assaillie Perd le vermeil de son teinl, En la fleur du plus doux aage De mon palissant visage La vive couleur s'esteint.
Une languissante nue Me sille* desja la veue, Et me souvient en mourant Des douces rives de Loyre Que les chansons de ma gloire Allait jadis murmurant... [12j
Les bleds ayment la rousée * Dont la plaine est arrousée ; La vigne ayme les chaleurs, Les abeilles les fleurettes.
Et les vaines amourettes Les complaintes et les pleurs.
Mais la douleur véhémente, Qui maintenant me tourmente, A repoussé loin de moy Belle fureur insensée, Pour entrer en ma pensée Le traict d'un plus juste esmoy... [50J
Qu'ay-je depuis mon enfance.
Sinon toute injuste offense, Senti de mes plus prochains ?
Qui ma jeunesse passée