l/ayores, ancêtres (L.; man- Noies de M. M.-L
gcndrer que les autres, mais pour la coulpe * de ceux qui Font eue on garde, et ne Font cultivée à suffisance, ains * Icomme une plante sauvage, en celuy' mesme désert où lelle avoit commencé à naistre, sans jamais l'arrouser*, la (tailler, ny défendre des ronces et espines qui luy faisoient 'ombre, l'ont laissée envieillir et quasi mourir. Que si les anciens Romains eussent esté aussi negligens à la culture de leur langue, quand premièrement elle commença à pulluler, pour certain en si peu de temps elle ne fust deve- I nue si grande. Mais eux, en guise * de bons agi'iculteurs, I l'ont premièrement transmuée d'un lieu sauvage en un ' domestique ; puis afin que plus tost et mieux elle peust fructifier, coupant à Tentour les inutiles rameaux, l'ont • pour eschange d'iceux restaurée de rameaux francs et domestiques, magistralement tirez de la langue grecque, lesquels soudainement se sont si bien entez et faits semblables à leur tronc, que désormais n'apparoissent plus adoptifs, mais naturels. De là sont nées en la langue latine ces fleurs et ces fruicts colorez de ceste grande éloquence, avec ces nombres et ceste liaison si artificielle, toutes lesquelles choses, non tant de sa propre nature que par artifice, toute langue a coustume de produire. Doncques si les Grecs et Romains, plus diligens à la culture de leurs langues que nous à celle de la nostre, n'ont peu trouver en icelles, sinon avecques grand labeur et industrie, ny grâce, ny nombre, ny finablement aucune éloquence , nous devons nous esmerveiller, si nostre vulgaire n'est si riche comme elle pourra bien estre, et de là prendre occasion de le mespriser conune chose vile, et de petit pris. Le temps viendra (peut estre) et je l'espère moyennant la bonne destinée françoise. que ce noble et puissant royaume obtiendra à son tom* les resnes de la
l.Faule, £;u/pa(L.). mettant un épithète devant le