‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 132 sur 274 · A PHŒBUS · texte numérisé non relu

A PHŒBUS

race Latonienne, Saincte clarté Delienno, Dieu en Cyrene adoré, A qui pendent en echarpe Et le carquois et la harjie, Apollon au crin doré,

Père, ne mets en arrière Le souspir de ma prière, Puis que tes saintes douceurs, M'allectant des mon enfance.

M'ont fait nommer par la France Le nourrisson des neuf Sœurs.

Tu sçais toutes médecines,

Herbes, plantes et racines,

Qui chassent le mal des corps ;

Tu sçais toutes les sciences,

Les arts, les expériences

Des augures et des sorts.

Ton grand œil, qui tout regarde,

D*en haut ses flèches nous darde,

Dont tu vas l'âme inspirant

Au sein de la Toute-mere,

Toy, nommé du bon Homère

Apollon le loing-tirant.

C'est toy des astres le père.

Qui le cours de l'an tempère,

Et d'une brave roideur.

Forçant le grand tom* du monde.

Vois de la terre et de l'onde

L'universelle rondeur.

m ŒrVRES CHOISIES DE DU BELLAY.

Sous les accords de ta lyre, Qui des dieux appaise l'ire, Les cieux tournent par compas * î Lt l'aonienne danse.

Au rapport de ta cadence.

En rond mesure ses pas.

Or' ta lampe retournée Nous rameine la journée, Et or' s'écarlant de nous Pour se plonger dedans l'onde, Laisse recouler au monde Des dieux le présont plus doux '.

Alors ta sœur, couslumiere De luire par ta lumière, Nous monstre tout son beau front, Ou, si la terre la garde Qu'à plein ell' ne te regai^de, Nous esclaire en demi-rond.

La terre, par toy fertile.

Nous rend d'une usure utile Le gain de nostre labeur, Qui de la faim misérable,

Si lu luy es favorable,

Ne sentit oncques la peur.

Cecy sçacbant, le bon homme

Son espérance te nomme.

Te fait offrandes et vœus,

A fm que son bien champestre

Puisse donner à repaistre

A SCS enfans et neveus.

Escoute nos plaintes doncques.

Si de nous te chalut ^ oncques,

Pero, escoute nos clameurs.

Ou soit que le champ verdoyé,

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