‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 152 sur 274 · AU SIEUR ROBERT DE LA HATE · texte numérisé non relu

AU SIEUR ROBERT DE LA HATE

Jb tes languissantes veines

Estoiont pleines D'un feu violent et fort, Jà les pallissantes fièvres

Sur tes lèvres Avoyent imprimé la mort.

Jà te conduisoit la Parque

Vers la barque De rhorrible nautonnier, Et jà ton ame craintive

Sur la rive Luy presentoit son denier :

Quand le dieu que Gpthe adore,

Qui t'honore De son présent le plus beau, Retint le cours de ta fuite

Jà conduite Dessus le bord du tombeau.

combien ceste main palle,

Main fatale, Que jà blesme tu suivois Troubla les bandes compaigncs

Des montaignes, Des fontaines et des bois !

Elle a voit, la sacrilège,

Leur collège Violé cruellement.

Saccageant le double feste

Qui leur teste Ombrage éternellement.

Le laurier aux tresses vives

Sur leurs rives Peiichoit demi-sec en bas, Et la chevaline source

De sa course A voit arresté les pas :

N'oyant plus la voix sacrée

Qui agrée Aux bois qui sont toujours vcrds.

Et la nombreuse cadance

Do la danse Quil'animoit sous tes vers.

Mais le médecin de Dele,

Ce fidèle Garde des esprits sacrez, Alors ne mist en arrière

La prière De tant de justes regrez :

Ains* du jus d'une racine

Medicine* Te rappel lant d'Acheron, Sur toy fit la preuve encore

Qui décore'^ Le disciple de Chyron *.

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