AU SIEUR ROBERT DE LA HATE
Jb tes languissantes veines
Estoiont pleines D'un feu violent et fort, Jà les pallissantes fièvres
Sur tes lèvres Avoyent imprimé la mort.
Jà te conduisoit la Parque
Vers la barque De rhorrible nautonnier, Et jà ton ame craintive
Sur la rive Luy presentoit son denier :
Quand le dieu que Gpthe adore,
Qui t'honore De son présent le plus beau, Retint le cours de ta fuite
Jà conduite Dessus le bord du tombeau.
combien ceste main palle,
Main fatale, Que jà blesme tu suivois Troubla les bandes compaigncs
Des montaignes, Des fontaines et des bois !
Elle a voit, la sacrilège,
Leur collège Violé cruellement.
Saccageant le double feste
Qui leur teste Ombrage éternellement.
Le laurier aux tresses vives
Sur leurs rives Peiichoit demi-sec en bas, Et la chevaline source
De sa course A voit arresté les pas :
N'oyant plus la voix sacrée
Qui agrée Aux bois qui sont toujours vcrds.
Et la nombreuse cadance
Do la danse Quil'animoit sous tes vers.
Mais le médecin de Dele,
Ce fidèle Garde des esprits sacrez, Alors ne mist en arrière
La prière De tant de justes regrez :
Ains* du jus d'une racine
Medicine* Te rappel lant d'Acheron, Sur toy fit la preuve encore
Qui décore'^ Le disciple de Chyron *.