Avez -vous. Apocope, d'un 5. Trace*. R
Jusques aux bleds, par la fureur du Tont, Pousse le cours de ces flammes légères ;
Et comme encor ces flammes passagères Par tout le bois ti*ainent, en se suivant, Le feu qu'au pied d'un chesne au paravant Avoyent laissé les peu cautes * bergères :
Ainsi l'amour d'un tel commencement Prend bien souvent un grand accroissement.
Il vault donc mieux ma plume icy conti'aindre,
Que d'imiter un homme sans raison, Qui se jouant de sa propre maison, Y melim feu qui ne se peut esteindre.
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Voyez, amants, comment ce petit dieu Traite nos cœurs. Sur la fleur de mon aage Amour tout seul regnoit en mon courage, Et n'y avoit la raison point de lieu.
Puis quand cest aage, augmentant peu à peu, Vint sur ce poinct où l'homme est le plus sage, D'autant qu'en moy croissoit sens et usage.
D'autant aussi decroissoit ce doux feu.
Ores mes ans tendans sur la vieillesse (Voyez comment la raison nous délaisse).
Plus que jamais je sens ce feu d'amour :
L'ombre au matin nous voyons ainsi croistre', Sur le midi plus petite apparoistre, Puis s'augmenter devers la fin du jour.
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Pom' tant d'ennuys que j'ai souffert, Madame* Pour vostre amour depuis cinq ou six ans,
i. Prudentes*. R. B, 2. Prononcez crôtre*. R. B.
Pour tant de pleurs et de souspirs cuisans, Que j'ai tirez du plus profond de l'âme,
Je demandois ce baiser, qui sans blasino Sans jalousie, ou peur des mesdisans (Faveur commune entre les courtisans).
Se peut donner de toute honneste dame.
Mais vous m'avez, soit par vostre rigueur.
Soit par pitié, ayant peut estre peur Qu'en vous baisant mon asme fust ravie,
Nié ce bien. Helas ! si c'est pitié, N'en usez point envers mon amitié, Car telle mort me plaist mieux que la vie.
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Bien que le dieu des autres messager. Avec l'esprit dont il vous fit largesse.
Ait mis en vous sous ce front de déesse, Je ne sçay quoy d'inconstant et léger ;
Bien que soyez comme ce passager Oyscau sans pieds, qui volette sans cesse, Si parla pluye ou par la neige espaisse Il n'est contraint à terre se ranger :
Je prieray tant le dieu qui vous a faicte En tout le reste excellente et parfaicte, Qu'il ostéra ceste imperfection :
Et verseray de pleurs un tel orage, Qu'il contraindra vostre amour tix)p volage De s'arrester sur mon affection.
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Quand je pouvois (ce qu ores je ne puis) Gouster le miel de ce tant doux langage,
Vous me cachiez ce céleste visage Et ces beaux yeux dont esclave je suis.
Et maintenant que mes tristes ennuis Me font plus sourd qu'un essourdé* rivage, Vous souhaittez voir une froide image, Errant au front des éternelles nuicts.
quel malheur, ô quelle estrange peine !
Je puis bien voir, comme en peincture vaine, Ce qui ne sert qu'à me faire mourir ;
Je puis toucher ceste main blanche et tendre, Voir ces beaux yeux, mais je ne puis entendre Ce doux parler qui me peut secourir.
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