‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 205 sur 274 · La gauche*. R. B. 4. Cybôlc · texte numérisé non relu

La gauche*. R. B. 4. Cybôlc

Ceste ville qui fut plus que la Phrygienne Foisonnante en enfans, et de qui le pouvoir Fut le pouvoir du monde, et* ne se peut revoir Pareille à sa grandeur grandeur sinon la sienne.

Rome seule pouvoit à Rome ressembler, Rome seule pouvoit Rome faire trembler :

Aussi n'avoit permis l'ordonnance fatale

Qu'autre pouvoir humain, tant fust audacieux, Se vantast d'égaler celle qui fit égale Sa puissance à la terre et son courage aux cieux. ^

Y) oc

^-Sacrez costeaux, et vous sainctes ruines, Qui le seul nom de Rome retenez, Vieux monuments, qui encor soustenez L'honneur poudreux de tant d'ames divines :

Arcs triomphaux, pointes du ciel voisines, ^

Qui de vous voir le ciel mesme estonnez, Las ! peu à peu cendre vous devenez, Fable du peuple et publiques rapines ! J

Et bien qu'au temps pour un temps facent guerrcf i

Les bastimens, si est-ce que le temps Œuvres et noms finablement atterre *.

Tristes désirs, vivez doncques contens :

Car si le temps finist chose si dure.

Il finira la peine que j'endure. ^

Astres cruels, et vous dieux inhumams.

Ciel envieux et marastre nature, Soit que par ordre, ou soit qu*à Padventure Voyse' le cours des affaires* humains,

i. Etdc qui, etc. 5. Aille*.

2. Jetlé à terre, (errasse (L;; -t. Tantôt ntasc. tantôt fém. au N.). XVI* siècle*. B.

AMIOriTÉS DE ROME. 243

Pourquoy jadis ont travaillé vos mains A façonner ce monde qui tant dure ?

Ou que ne fust de matière aussi dure Le brave front de ces palais romains?

Je ne di plus la sentence commune, Que toute chose au dessous de la lune Est corrompable et subjette à mourir :

Nais bien je di (et n'en veuille desplaire A qui s'efforce enseigner le contraire) Que ce grand Tout doit quelquefois périr.

oo-

Tels que l'on vid jadis les enfans de la terre, Plantez dessus les monts pour cscheller * les cieux, Combattre main à main la puissance des dieux, Et Jupiter contre eux qui ses foudres desserre * :

Puis tout soudainement renvei*sez du tonnerre, Tomber deçà delà ces squadrons ' furieux, La terre gémissante et le ciel glorieux D'avoir à son honneur achevé cestc guerre :

Tel encore on a vcu par dessus les humains Le front audacieux des sept costeaux romains Lever contre le ciel son orgueilleuse face :

Et tels ores on voit ces champs deshonnorez Regretter leur ruine, et les dieux asseurez Ne craindre plus là haut si effroyable audace.

MîTi

Ni la fureur de la flamme enragée.

Ni le tranchant du fer victorieux.

Ni le degast du soldat furieux, Qui tant de fois, Rome, t'a saccagée,

Page 1