‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 222 sur 274 · A GÉRÉS · texte numérisé non relu

A GÉRÉS

Regarde, ô Gerès la grande Danser la rustique bande Des laboureurs assemblez A la semence des bleds.

Fay que le grain ne pourrisse Par la pluie, et ne périsse Par l'hyver trop avancé Le sillon ensemencé.

Que la malheureuse avesnc * Ne foisonne sur la plaine, Ni tout autre herbe qui nuit Au grain dont vient le bon fruicl.

Qu'un fort vent meslé de gresle Ne renverse pesle mesle

1. Les dit pièces qui suivent italien, mort en 15^9. ont été imitées par du Bellay des 2. Avoine (L.; J. Gl.; les d«ui Lusus d'André Navagero, poète fdrmes dans N.)i

Le bled sur terre haussé De telle fureur blessé.

Que les oiseaux qui ravissent, Du froument ne se nourrissent, Ni ces monstres d'animaux Qui font par tout tant de maux.

Mais £ay que le champ nous rende Avec une usure grande Les grains par nous enserrez Sous les sillons labourez.

Ainsi sera, qu'on espanche Un plein pot de cresme blanche, Et du miel délicieux Coulant avecques vin vieux.

Que rhostie inviolée Avant que d'estre immolée, Par trois fois d'un heureux tour Cerne ces bleds à l'entour.

C'est assez, moissons parfaicles Autres festes seront faictcs, Et seront tes cheveux saints D'espics couronnez et ceints.

D'UN VANNEUR DE BLED, AUX VENTS j

A vous, trouppe légère, 1

Qui d'aile passagère Par le monde volez, Et d'un sifflant mumure L'ombrageuse verdure Doucement esbranlez :

J'offt'e ces violettes, .^

Ces lis et ces fleurettes, 1

Et ces roses ici,

Ces vermeillettes roses.

Tout freschement ecloses, Et ces œillets aussi.

De vostre douce haleine Eventez ceste plaine, Eventez ce séjoui*.

Ce pendant que j'ahanne * A mon bled que je vanne A la chaleur du jour.

A CERÈS, A BACCIIUS ET A PALES

Cerès d*espics je couronne, Ce pampre à Bacchus je donne, Je donne à Paies la grande Deux pots de laict pour offrande A fin que Cerès la blonde Rende la plaine féconde, Bacchus à la vigne rie, Et Paies à la prairie.

Page 1