I. Dim. de oiseau*. R. 2. Dim. de nouveau*. R
De quelle riche couleur Peindray-je ma poésie Pour dcscrirc la valeur Que j'ay sur toutes choisie?
Tous les verds trésors des cicux, Riche ornement de la plaine, Représentent à mes yeux L'object de ma douce peine * .
Je voy dedans ces œillets Rougir les deux lèvres closes Dont les boutons vermeillets Blesmissent le teint des roses... [28]
Ce vent qui raze les flancs De la plaine colorée, A longs souspirs doux soufflans.
Qui rident l'onde azurée,
M'inspire un doux souvenir De ceste haleine tant douce Qui fait doucement venir Et plus doucement repousse
Les deux sommets endm'cis De ces blancs cousteaux^d'yvoire, Comme les flots adoucis Qui baisent les bords de Loyre... [8]
Vous donq', amoureux oyseaux.
Soit aux bois, soit aux campagnes, Accordez ' aux bruits des eaux Qui tombent de ces montagnes,
Dont l'immortelle verdeur.
De mille fleurs diaprées, "Embasme de son odeur Le verd honneur de la prée.
Ici dédier je veux Un autel à ma déesse,
1. Cf. Ronsard, Clians., p. 40. 3. Forme neutre pour la forme S. Coteaux, monts*. R. 1). réll.
Pour y consacrer les vœux • Que ma muse luy addresse... [4]
Qu'il n'y ait en ce beau clos Branche qui ne reverdisse, Bouton qui ne soit desclos, Ni herbe qui ne florisse !
Jamais n'y faille * le thym, L'œillet, le lys ni la rose, Ni la fleur qui au matin Est ouverte et au soir close !
Jamais n'y faille le miel, Ni le laict, ni la rosée !
Et de la manne du ciel Tousjours soit l'herbe arrosée !... [20]