‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 234 sur 274 · N'y manque. 2. Pays, patrie · texte numérisé non relu

N'y manque. 2. Pays, patrie

Vos morts tousjours honorées Seront des vostres pleurées, Mon roy vous regrettera :

Desja la France en souspire Et la vendoinoise lyre Vostrc vertu chantera.

Mais moy, chetif, qui demeure, Hélas ! il faut que je meure, Non devant les yeux des rois, Sur la guerrière campagne Rouge du sang de l'Espagne, , Mais sous l'horreur de ces bois :

Bois tristes et solitaires, De ma peine secrétaires *, Où l'amour, qui me conduit, Au plus chaud de ses alarmes Baigne souvent de mes larmes L'humide sein de la nuict.

Là je resonge sans cesse L'heureux soir que ma déesse Lisoit la carte des cieux, Au doigt me monstrant la face De mile flambeaux qu'efface Le double feu de ses yeux... [18] Là, mes cendres je dédie, Mais à ces fleurs je supplie *, Et à ces herbes aussi, Au myrthe, au laurier encore.

Et à l'arbre, qui m'honore s, Ne croistre jamais ici.

Jamais n'y croissent les roses, Ni les fleurettes descloses ; Jamais le rousoyant * miel N'y coule dessus ma tumbc ^ ;

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