Si on*. R. B
Guy chanter sur les prochains rivages
Le nom, qu'Amour, de ma force vainqueur,
A érigé pour trophée en mon cœur.
Ne cerche point la tourbe murmurante Des professeurs de sagesse ignorante ; Mon nom aussi, par la France loué.
Ne quiert * le bruit du palais enroué, Ne * le sourcil trop superbe et severe Qui le pouvoir des Muses ne révère.
Le docte dieu qui inspire en mon cœur Du sainct ruisseau la féconde liqueur.
Mon sort fatal, et mon dieu domestique, Qui m'a voué au labeur poétique, Sçachant combien j'y prenois de saveur, M'ont destiné à plus douce faveur.
Va, plume, donc voir les troupes divines Des demi-dieux et nymphes Angevines, Où je seray (peut être) bien receu.
Par ton moyen, quand la France aura sceu Que leur haut bruit je fay sonner à Loyre, Qui ay chanté des grands princes la gloire... [12]
Les doctes sœurs qui parmi l'univers Feront voler vostre nom par mes vers.
Tant que vivray. Dames bien fortunées, Seront par moy pour vous importunées.
Qui feray bien, si j'en veux prendre esmoy, Vivre deux fois ensemble vous et moy.
Si vous eussiez de l'onde oblivieuse ^ Tiré vos noms, que la parque envieuse Et nos escripts y ont fait devaller*.
Quel bruit* pomToit au vostre s'égaler?
Toute vertu des Grâces ignorée N'est longuement entre nous honorée.