ACTE III, SCÈNE VII
changé mes traits! Cette glace.... Oh, ciel! {La marquise jette J-a vue xitr le miroir de la toilette et se laisse tomber appuyée sur le dos du fauteuil, et parait abîmée dans la plus vive douleur.
LE MARQUIS. — I ucile, quelle est cette femme-là?
LuciLE. — C'est la femme de Jacques.
MARGOT. — C'est faux, c'est faux; ce n'est pas elle.
LE MARQUIS. — Écoutons , peut-ôtre que par ses discours nous découvrirons.... Madame, ne craignez rien; je vais la faire sortir. Sortez d'ici : oue demandez- vous?
LA MARQUISE
Ara : Monseigneur d'Orléans.
Oh! ciel! j'ai tout perdu.
Mon cœur est convaincu,
Je sens tout le malheur
De leur erreur :
C'est fait de moi,
Oui , je vois Qu'en moi le ciel
Trop cruel.
Ou ce devin.
Ce lutin!
Par un coup inhumain.
A changé mes traits, mon destin C'est en vain Que je me plains.
LE MARQUIS
Vous nous impatientez • Sortez, sortez.
LA MARQUISE
On, mon cher époux! écoutez, Connoissez ce que je suis, Mon cher marquis.
([<•■ ,e marquis sourit, Lucile rit tout à fait. Margot paroit rêveuse, et s'approche de la marquise, reconnoit ses bardes; de sorte que lorsque Jacques arrive , il se trouve entre elles deux.)
Hélas! on se moque de mes pleurs.
Et J''>n se rit de mes douleurs.
Je vais périr, ^ Je vais mourir :
Sans désespoir, Puis-je me voir Devenir du plus haut état La femme d'un scélérat?
Perdre en un instant ma maison, Mon rang, ma naissance et mon nom :
De ma fortune et de mon bien Hélas! il ne me reste rien.