ACTE III, SCÈNE IX
Pour me venger du violent caractère De la marquise et de ses procédés fâcheux, J'ai fait ici dans ma juste colère Deux changements pour vous peut-être heureux.
J'ai fait transporter la marquise chez maître Jacques sous la figure ; Margot, et Margot rempht ici le rôle de la marquise. MAÎTRE JACQUES. — Quoi ! Cette femme que j'ai tant.... LE MARQUIS. — Quoi ! la marquise? Oh, ciel! qu'apprends-jel MAÎTRE JACQUES. — Monselgncur, reprenez votre femme. LE MARQUIS. — Mais quel soupçon cruel I LE MAGICIEN. — Ne craiguez rien.
Air : Réveillez-vous, belle endormie.
Le noir démon de la vengeance A seul dirigé mes travaux :
Toujours filés par l'innocence Leurs deux destins furent égaux.
MAITRE JACQUES. — Margot a donc été bien battue?
LE MARQUIS
Air : Quel plaisir d'aimer sans contrainte!
A quelque chagrin que je m'expose, Recourez à la métamorphose ; Je vous rendrai grâces, si sa peine i A plus de douceur enfin l'amène.
LE MAGICIEN. — Je crois que vous pouvez l'espérei
LE MARQUIS
Air : Ah 1 qu'on a bien fait d'inventer l'enfer.
Sans doute la marquise attend Qu'on lui rende sa figure.
MAÎTRE JACQUES
Mais ne vous dépêchez pas tant Pour que la chose soit sûre;
LE MAGICIEN
Soyez en paix, il ne faut qu'un instant. Pour revenir à la nature.
Gardez un profond silence.
Air : Mais comment ses yeux sont iiumides.
Par cette puissance efficace ,
Qui remet les traits en leur place,
Qui ramène l'air méprisant
Dans les yeux des femmes qui mentent,
Sitôt qu'elles se complimentent,
Qui change dans maint a.urtisan
L'air modeste en air suffisant, Qui rend au poltron en furie Sa crainte et sa poltronnerie, Qui , chez la veuve en ses douleurs, Met des ris quand il faut des pleurs : Par ce pouvoir, que la naarquise Reprenne sa forme surprise, Et que la femme de Jacquot Redevienne pour lui Margot.
Le changement est fait, ne me suivez pas.