‹ Œuvres choisiesChapitre 127 sur 454 · SCÈNE IV. — RICHARD , RUSTAUT · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — RICHARD , RUSTAUT

RUSTAUT. — A qui diable en as-tu, toi qui es la gaieté même, toi qui as toujours le verre à la main, la chanson à la bouche, et la joie au front? Tu n'as parlé d'aujourd'hui que pour nous brusquer ' RICHARD. — J'en ai sujet.

RUSTAUT. — Comment, morbleu! sujet? Te voilà par la mort de ton père, qui t'a fait étudier, qui t'a fait voyager, qui. Dieu merci, t'a fait élever comme un milord, te voilà à la tête d'une bonne ferme, te voilà inspecteur des chasses de la forêt de Chéroud , te voilà aimé de la belle Jenny, près de l'épouser : que te faut-il donc? Être roi? Être....

RICHARD, lui serrant le bras. — Ah, Rustaut! je voudrois que le plus scélérat de nos milords fût pendu ; ce seroit Lurewel.

RUSTAUT. — Qui? ce milord qui demeure....

RICHARD. — Ce colifichet doré, qui de ses voyages n'a rapporté en Angleterre que des vices et des ridicules.... Ah, Jenny 1

RUSTAUT. — Quoi! Jenny?

RICHARD. — Hé bien! Jenny, il l'a enlevée, séduite, trompée : que sais-je? Que je suis malheureux! je me vengerai.

RUSTAUT

ARIETTE

Ami, laisse là la tendresse, Elle ne donne que du chagrin; Une pinte de vin Vaut mieux qu'une maîtresse.

Être sans cesse à désirer, A soupirer.

Craindre, trembler N'oser parler, Au uioihdife mol Faire le sot; Fi, fi, fil Ami, Laisse là la tendresse, etc.

RICHARD. — Fmiras-tu? Laisse-moi en repos : ai-je besoin de tes conseils? Va où je t'ai dit, morbleu!

RUSTAUT. — Diable 1 c'est sérieux.

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