SCÈNE I. - LA MÈRE DE RICHARD, BETSY, JENNY
LA MÈRE, dans la coulisse. — Betsy?
BETSY, du haut deVescalier, dans le fond du the'âtre, et fermant la porte de la chambre d'où elle sort. — Plaît-il, ma mère?
LA MÈnE. — On frappe.
BETSY. — On y va. (Betsy y va. La mère entre sur le théâtre par cette porte qui est sur un des côtés ; elle entre avec Jenny.)
LA MÈRE. — Hé bien ! qui est-ce?
BETSY. — Personne.
LA MÈRE. — Vous voyez bien, Jenny.... Betsy, venez ici; qu'est-ce que vous faites là-haut? Donnez-moi mon rouet.... Vous voyez bien, Jenny, qu'il faut se méfier de tout le monde.
JENNY. — Oui , ma tante.
LA MÈRE. — Betsy, voulez-vous prendre votre dévidoir? Jenny, je vous ai élevée comme ma fille ; et vous allez l'être , puisque vous allez épouser Richard. ( Pendant ce temps, Betsy va chercher le rouet, approche des chaises , prend son dévidoir , et trémousse.)
JENNY. — Il revient bien tard ce soir.
LA MÈRE. — C'est vrai , cela m'inquiète.... mais comment pourra-t-on ravoir votre troupeau d'chez ce milord?
JENNY. — Les chemins doivent être bien mauvais de cet orage-ci?
LA MÈRE. — Cela pourroit retarder votre mariage.
JENNY. — Savez-vous s'il a emporté sa lanterne?
LA MÈRE. — Betsy, savez-vous si votre frère a emporté sa lanterne?
BETSY. — Non , ma mère.
JENNY. — Il n'en fait jamais d'autre.
LA MÈRE. — C'est tout votre bien que ce troupeau.
JENNY. — C'est vrai.
(Betsy s'assied, travaille et chante. Elle est à l'ouvrage; cependant la mère s'assied, prend son rouet; Jenny coud une pièce de son trousseau, ou fait de la dentelle ; elle s'assied en lace de la porte par où Richard doit venir. Elle y regarde toutes les fois qu'elle lève la tète, et soupire. Betsy bousille
s'amuse avec son tablier, et se remet à l'ouvrage lorsq je samère la regarde, La mère mouille son chanvre, le retire avec ses dents aux reprises de l'air.)
TRIO '