SCÈNE XIV.— LOUISE, LE GEÔLIER
LOUISE. — Monsieur, je me jette à vos genoux; je vous prie....
LE GEÔLIER. — Cela n'est pas nécessaire. Que voulez-vous ?
LOUISE. — Le roi passe au camp,
LE GEÔLIER. — Hé bien ?
LOUISE. — Monsieur, dites-moi, le roi en pareil cas.... Ah! c'est une justice. Le roi peut il faire justice ou grâce?
LE GEÔLIER, — Je crois bien : il ne fait que ça.
LOUISE. — Monsieur, si j'y allois, si je me jetois à ses pieds; si je lui disois que c'est moi qui suis la cause....
LE GEÔLIER. — Hé bien, vous le pouvez, si on vous laisse approcher. Si cela ne sert à rien, cela ne peut pas nuire.
LOUISE. — Ah, monsieur! si j'avois de l'argent.
LE GEÔLIER. — Si VOUS VOUS adressez au roi, vous n'en avez que faire.
LOUISE. — Ce n'est pas cela que je voulois dire : c'est pour vous, monsieur.
LE GEÔLIER. — Ah ! pour moi ?
LOUISE. — C'est pour vous remercier... c'est pour vous prier.,.. Voici, monsieur, ma croix d'or que je vous donne : faites retarder jusqu'à demain.
LE GEÔLIER. — Retarder! retarder...! Cela me parolt creux. Est-ce de l'or?
LOUISE, —Ah, que je suis malheureuse !