‹ Œuvres choisiesChapitre 202 sur 454 · SCENE XVII. — MONTAUCIEL, BERTRAND · texte numérisé non relu

SCENE XVII. — MONTAUCIEL, BERTRAND

MONTAUCiEL.— Non, non, restez : vous allez bo.fe un coup en attendant. Voilà une feuille de papier que je lui apportois. BERTRAND. — Mais êtes-vous bien sûr que c'est mon cousin Alexis? MONTAUCIEL. — Oui , OUI, c'est lui : un soldat.

BERTRAND. — Oui.

MONTAUCIEL. — Mettez-vous là. Il est ici d'hier.

BERTRAND. — Oui , monsieur.

MONTAUCIEL. — Mettez-vous là. Il est votre cousin?

BERTRAND. — Oui , monsieur.

MONTAUCIEL. — Mettez-vous là.

BERTRAND. — Mais, mousieur....

MONTAUCIEL. — Mettez- VOUS là, vous dis-je, mettez-vous là. Sarpejeu! mettez-vous donc là; buvons un coup, il va revenir.

BERTRAND. — Monsieur, je vous remercie : on ne boit pas comme ça sans se connoître....

MONTAUCIEL. — Est-ce que je vous connois, moi? et ça ne m'empêche pas de boire avec vous. Il est bon : buvez, buvez donc. (Bertrand boit.) Et vous dites que....

BERTRAND. — Moi, je ne dis rien.

MONTAUCIEL. — Si VOUS ne dites rien, chantez, chantez.

BERTRAND. — Ah, monsieur! nous sommes dans le chagrin.

MONTAUCIEL. — C'est à cause de cela : c'est dans le chagrin qu'il faut chanter, cela dissipe. Allons, chantez.

Toujours chanter, et toujours boire, C'est la devise de Grégoire.

Chantez donc.

BERTRAND. — Mais je ne sais pas chanter.

MONTAUCIEL. — Chautez toujours : voulez-vous donc chanter, quand on vous en prie. Sarpebleu ! vous chanterez. BERTRAND. — Mais attendez donc. (Il chante.)

CHANSON

Tous les hommes sont

bons :

On ne voit que gens

francs.

A leurs intérêts

près.

Nous aimons la bonté,

L'exacte probité,

dans les autres.

Faire le bien est si doux,

Pour ne rendre heureux que nous

et les nôtres.

MONTAUCIEL. — Sarpedié I votre chanson est bonne à porter le diable en terre. Écoutez-moi,

CHANSON

Vive le vin! vive l'amour I Amant et buveur tour à tour, Je nargue la mélancolie :

Jamais les peines de la vie Ne me coûtèrent de soupirs; Avec l'amour je les change en plaisirs, Avec le vin je les oublie.

Voilà une chanson çal Chantons ensemble.

BERTRAND. — Hé mais, mon cousin...?

MONTAUCIEL. — Il DO peul pas tarder. Allons, chantons ensemble à présent.

BEnTRAND, — Ensemble !

MONTAUCIEL. — Oul, ensemble, c'est plus gai.

BERTRAND. — Mais je ne sais pas votre chanson.

MONTAUCIEL. — Qu'est-ce qui vous dit de chanter ma chanson? dites la vôtre, et moi la mienne : c'est plus gai.

BERTRAND. — Hé mais....

MONTAUCIEL. — Allons, morbleu 1 chantez. {Il verse un verre de vin, et boit.) Buvez, et chantez.

DUO

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