ACTE m, SCÈNE V
sait lire et écrire. J'ai été me fcjrrer dans ce coin-là pendant toutes ses écritures. Je lui a: apporté un papier que voilà; et je l'ai prié de me dire comment il y avoit à un endroit que je n'ai pas pu lire. Il m'a dit : « Allez TOUS n'êtes qu'un Liane-bec 1 » et il m'a jeté mon papier au nez.
LE GEÔLiEB. — Il a Vort.
MOKTAtciEL . en cet instant, ramasse le papier. — Hé bien! comment y a-t-il là?
LE GEÔLiEH. — Vous étes ua blanc-bec.
KONTAuaEL,. — Yous êtes....
LE GEÔLIEB. — Vqus étes un blanc-bec.
MOJiTAUCiEL. — Il y a Ià-Jessu5 : tous êtes un blanc-bec?
LE GEÔLJER. — Oui.
MosTAuaEL. — Un blanc-bec. B, 1. a, n. c.
LE geûl:e31. — Blanc.
KCNTACCIEL. — B, e,c.
L'B GEÔLIER. — Bec. blanc-bec.
«osT.'^cciEL. — Con:ii:ent, il n'y a pas là : trompette blessé?
LE GEÔLIER, — Parbleu, non', il y a : vous ète5 un blanc-bec
MO.MALaEi» — Il n'a donc pas tant de tort de m'avoir donné un coup de poinfr. Etoit-ce un coup de poing?
LE GEÔLiEH. — Je n'en sais rien : mais en tout cas il étoit fier, car tu étois tombé par terre.
KOSTACCIEL. — Eé. Tûiià Ccurchem^n.
SCLNE VI - LE GEÔLIER, COURCHEMIN, MOXTAUCIEL.
LE GEÔUER. — Hé, bonjour, Courchemin!
cocRCHEiiiN. — Hé, bonjour. Crik! bonjour, Montauciel! ouf! Ah, que j"ai bon besoin d'un Terre de rin!
MONTAUCIEL. — Le voilà.... Hé, d'où yiens-tu comme ça?
COURCHEMIN. après aïoir bu. — En te remerciant.... Je suis Tenu au grand galop, Tentre à terre : on me TaToit commandé. Mais j'ai vu. j'ai vu.... Sarpebleu, que j'ai chaud! (17 s'essuie.) J'ai vu une fille qui couroil à piel. en venant, ses souliers à la main. Ah! je n'ai jamais vu aller de celte vitesse-là : elle sautoit les fossés, elle coupoit les vignes, les haies, les seniiers; elle avoit plus d'une affaire.
LE GEÔLIER. — Hé, pourquoi es-tu venu ici?
COURCKEMiN. — J'ai remis un paquet au grand prévôt.
Lz GEÔLIER. — Et le roi est-il venu au camp?
COCRCKEMIN. — Oui.
MûNTACCiEL. — Tête, mort , ventre...!
E GEÔLIER. — Qu'est-ce drr.c que tu as?
k3stai:c:el. — Ccz:- ;:,'., ij roi est venu au camp, et Montauciel n'y étoit pas?
ccur.cHEMiN. — Tu es donc aussi fou qu'à l'ordinaire?
xîONTAuaEL. — Le roi est venu au camp, et Montauciel n'y éloit p,\s? Mille bombes! je n'ai pas vu le roi? Je n'étudierai de ma vie. U déchire son papier.)
LE GEÔLIER. — Y a-t-il quelque chose de nouveau au camp?
MONTAUCIEL, à part. — Morl)leu!
couRCHEMiN. — Tais-toi donc. Il y a l'histoire d'une jeune fille.
LE GEÔLIER. — D'UHB fiUs?
MONTAUCIEL. — D'une fille? dis donc, dis donc. COURCHEMIN. — Attendez donc, que je me rappelle.
ARIETTE
Le roi passoit, et le tambour Battoit aux champs : une fille bien faite Perce la file; elle crie, elle court.
Tombe à genoux en pleurs : le roi s'arrête, Le roi l'écoute, on ignoroit pourquoi;
Alors on a fait un silence.
Puis aussitôt un même cri s'élance a Vive à jamais, vive, vive le roi! » On m'a conté qu'elle disoit : « Ah, sire! C'est mon amant; et s'il faut qu'il expire,
Que j'éprouve le même sort.
Mais non, qu'il vive, et commandez, oui, sire, Plutôt qu'à lui, qu'on me donne la mort.
a Que suis-je, moi? moins que rien sur la terre Trop foible hélas, pour travailler aux champs; Et mon amant pourroit aider mon père.
Dans ses travaux au déclin de ses ans. »
De vieux soldats pleuroient, même des courtisans. Le roi pourtant ne pleuroit pas; la grâce Est accordée , on ne sait ce que c'est.
MONTAUCIEL
Ensuite?