‹ Œuvres choisiesChapitre 211 sur 454 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

MONTAUCiEL. — Et le tambour battoit aux champs?

LE GEÔLIER. — Et l'a-t-on envoyée en prison?

couRCHEMiN. — Bon, en prison! on croit que la grâce est accordée; car on lui a donné un papier.

MONTAUCIEL. — Qu'cst-ce que c'est que ce papier ?

COURCHEMIN. — Est-ce que je sais? Mais il y avoit là des seigneurs, des grands seigneurs, qui lui ont dit de tendre son tablier; et ils lui ont jeté beaucoup d'or, beaucoup d'argent.

LE GEÔLIER. — Do l'argent!

COURCHEMIN. — Savez-vous ce qu'elle a fait?

LE GEÔLIER. — Non.

COURCHEMIN. — Elle a jeté tout l'or, tout par terre : elle a dit que cela l'empêcheroit de marcher.

MONTAUCIEL. — C'étoit douc bien lourd?

LE GEÔLIER. — BoH, elle a jeté tout cet or?

COURCHEMIN. — Oul.

LE GEÔLIER. — Tais-toi donc avec tes raisons : elle a jeté cet or? tu nous en contes.

COURCHEMIN. — Et si c'étoit la grâce de ce déserteur que nous avons arrêté hier?

MONTAUCIEL. — J'en serois charmé, j'en serois charmé : nous nous couperions la gorge ensemble.

LE GEÔLIER. — A cause de cette querelle?

MONTAUCIEL. — Sans doute.

LE GEÔLIER. — Tais-toi donc, avec ta querelle : je t'en ferai une autre.

COURCHEMIN. (Alors OU entend des coups de tambour.) — Qu'est-ce que j'entends?

LE GEÔLIER. — C'est l'appel : il y a quelque chose de nouveau.

MONTAUCIEL. — Voyons.

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