SCENE YlII. — ALEXIS, MONTAUCIEL
MONTAociEL entre, une bouteille devin et un gobelet à la main. — Ah, te voilà, te voilà! je te cherchois, c'est à présent qu'il faut du cœur.
ALEXIS. — Quoi, Montauciel?
MONTAUCIEL, — On vjent te chercher. Bois cela, bois cela, te dis-je, c'est le cœur du soldat. J'ai cru que tu avois ta grâce ; mais non.
ALEXIS. — On vient me chercher?
MONTAUCIEL. — Oui , bois Cela.
ALEXIS. — Je te remercie. Ah, Louise!
MONTAUCIEL. — Tu sais bien cette querelle de tantôt? Hé bien! je te la pardonne, meurs en paix; c'est moi qui ai tort. Bois donc cela, je t'en prie, je t'en supplie : ne me refuse pas, c'est le dernier coup de vin que tu boiras.
ALEXIS prend le gobelet, le présente à Montauciel qui verse; et il boit. — Donne : en te remerciant.
MONTAUCIEL. — Pauvre garçon! un second, je t'en prie.
ALEXIS. — Je te remercie.... Montauciel, fais-moi un plaisir.
MONTAUCIEL. — QuOi?
ALEXIS. — Puis-je compter sur toi?
MONTAUCIEL. — A la mort et à la vie.
ALEXIS. — Promets-moi de rendre cette lettre.
MONTAUCIEL. — OÙ? j'y vais.
ALEXIS. — Tu ne le peux pas, tu es en prison.
MONTAUCIEL. — C'ost vrai ; mais je sors aujourd'hui.
ALEXIS. — Il viendra un paysan, nommé Jean-Louis. Tu lui rendras cette lettre, ou tu la lui feras rendre à son adresse.
MONTAUCIEL. — Que je meure à l'instant si j'y manque. Ah ! les voilà les chiens, les enragés, les.... Morbleu ! je crois que j'irois à sa place.
ALEXIS. — Adieu, Montauciel.
MONTAUCIEL. — Que je t'embrasse l
ALEXIS. — si celte jeune fille de ce matin vient ici , dis-lui que j'ai sensé à elle jusqu'au dernier moment.
MONTAUCIEL. — BravB garçon 1 bravo garçonl Mes amis, mes camarades.... ne le manquez pas 1
SCÈNE IX. — ALEXIS, MONTAUCIEL, des soldats, la baionnelte au bout du fusil.
ALEXIS. —Vous venez me chercher.... Si quelqu'un.... Ciel, c'est eUel