‹ Œuvres choisiesChapitre 28 sur 454 · SCÈNE V. — M. VANDERK père, en robe de chamhre ; M. VANDERK fils · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — M. VANDERK père, en robe de chamhre ; M. VANDERK fils

M. VANDERK FILS. — Ail! mon père, que je suis fâché! c'est la faule d'Antoine : je le lui avois dit; mais il aura fait du bruit, il vous aura réveillé.

M. VANDERK PÈRE. — Non , je l'étois.

M. VANDERK FILS. — Vous l'étiez ! Apparemment, mon père, que l'embarras d'aujourd'hui, et que....

M. VANDERK PÈRE. — Vous ne vae dites pas bonjour.

M. VANDERK FILS. — Mon père, je vous demande pardon; je vous souhaite bien le bonjour.

M. VANDERK PÈRE. — Vous sortez dc bonne heure?

M. VANDERK FILS. — Oui : je voulois....

M. VANDERK PÈRE. — Il y a des chevaux dans la cour.

M. VANDERK FILS. — C'est pour moi, c'est le mien et celui de mon domestique.

M. VANDERK PÈRE. — Et OÙ allez-vous si matin ?

M. VANDERK FILS. — Une fantaisie d'exercice ; je voulois faire le tour du rempart : une idée.... un caprice qui m'a pris tout d'un coup ce matin.

M. VANDERK PÈRE. — Dès hier vous aviez dit qu'on tint vos chevaux prêts.

M. VANDERK FILS. — Non pas absolument.

M. VANDERK PÈRE. — Non , mon fils, vous avez quelque dessein.

M. VANDERK FILS. — Quel desssin voudriez-vous que j'eusse?

M. VANDERK PÈLE. — Je VOUS le demande.

M- VANDERK FILS. — Croyez, mon père....

M. VANDERK PÈRE. — Mon fils, jusqu'à cet instant, je n'ai connu en VOUS ni détour ni mensonge : si ce que vous me dites est vrai, répétezle-moi, et je vous croirai.... Si ce sont quelques raisons, quelques folies de votre âge, de ces niaiseries qu'un père peut soupçonner, mais ne doit jamais savoir; quelque peine que cela me fasse, je n'exige pas une confidence dont nous rougirions l'un et l'autre ; voici les clefs, sortez.... {Le fils tend la main, et les prend.) Mais, mon fils, si cela pouvoil intéresser votre repos et le mien, et celui de votre mère?

M. VANDERK FILS. — Ah ! mou père !

M. VANDERK PÈRE. — Il u'est pas possible qu'il n'y ait rien de déshonorant dans ce que vous allez faire.

M. VANDERK FILS. — Ah! bien plutôt...

M. VANDERK PÈRE. — AchcVCZ.

M. VANDERK FILS. — Quc me demandez-vous ? Ah! mon père! vous me l'avez dit hier : vous avez été insulté; vous étiez jeune, vous vous êtes battu; vous le feriez encore. Ah! que je suis malheureux! je sens que je vais faire le malheur de votre vie. Non.... jamais.... Quelle leçon !... vous pouvez m'en croire : si la fatahté....

M. VANDERK PÈRE. — Insulté.... battu.... le malheur de ma viel mon <\ls, causons ensemble et re voyez en moi qu'un ami.

Page 1