SCÈNE IX
madamf: niss.
Ne badinez donc pas avec ce pistolet; Il lue fait une peur terrible.
M. RISS
L'un d'eux n'est pas chargé.
MADAME RISS
Qu'est-ce que cela fait? ' ' On a TU des maris ainsi tuer leurs femmes, En badinant.
M. RISS
Va-t'en chercher ces dames.
LE PRÉSIDENT
Que n'y va-t-il lui-même?
MADAME RISS
Allez-y.
M. RISS
Je suis las.
11 n'est rien, à présent, que pour toi je ne fasse Plutôt que de marcher.
M. LEK.
Je le vois tout en face.
MADAME RISS
J'y vais donc.
M. RISS
Reviens vite, et redouble le pas. :
SCËNE X. - M. RISS; LE PRESIDENT et M. LEK, cachés.
M. RISS
Ah, grands dieux, quelle bonté d'âme!
Tu ne devines pas, ma femme, Les services que tu me rends.
Tu me fais, en ce jour, les plaisirs les plus grands. Je vais souper avec ce que j'adore.
M. LEK.
Ce qu'il adore! entendez-vous?
LE PRÉSIDENT
Ah! j'entends, j'entends bien.
M. RISS
Par bonheur, elle ignore Que l'amour m'a soumis au pouvoir de ses coups.
Il aime....
M. RISS
Mettrai-je deux balles?
Oui.
LE PRÉSIDENT
Quoi donc? qu'est-ce donc qu'il met?
H. LEK.
C'est qu'il charge son pistolet.
LE PRÉSIDENT
Son pistolet!
M. RISS
Elle n'a point d'égales Eu France; et mon amour est comme elle parfait Plus que Junon majestueuse....
M. LEK.
C'est votre femme.
LE PRÉSIDENT
Non.
M. niss.
Et plus tendre qu'Io....
C'est la vfltre
M. LEK.
Non, non.
H. RISS
Plus vive que Sapho; Mais, par malheur, trop vertueuse.
' LE PRÉSIDENT
Oui, c'est ma femme.
M. RISS
Ah! si quelque voleur, Si plutfit un rival, trop assidu près d'elle,
Se préparoit à m'enlever son cœur, Je lui ferois sauter à l'instant la cervelle. J'entends du bruit, je crois.
LE PRÉSIDENT
Mais s'il entroit ici?
M. LEK.
Non, non, j'ai pris la clef, et la voici.
M. RISS
Dieu des amants, C'est toi qui rends Tous nos moments
Charmants.
Dans ce festin, Par toi divin,
Enchaîne
De fleurs
Des cœurs Que le plaisir entraîne.
Qu'en deux beaux yeui Pleins (le tes feux Je puisse Ure Le bonheur