‹ Œuvres choisiesChapitre 296 sur 454 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LA PRÉSIDENTE

C'est vrai ; je l'oubliois.

MADAME RISS

La lanterne suffit.

M. RISS

Mesdames, pardonnez. Prends bien garde à l'eiprit, Regarde à ties côtés, par devant, par derrière. Prends garde,

SCÈNE XTl. — M. RISS, Mme LEK ; LE PRESIDENT ET M. LEK. cachés, et n'étant vus que des spectateurs.

M. RISS

Ah. ma voisine!

MADAME LEK.

Ah, mon voisin!

M. RISS

Hélas t Que vd-t-il lui conter?

LE PRÉSIDENT

Ah! moi, je le devine.

MADAME LEK.

Vous me regardez bien !

Ah, ma chère voisine!

Comment! vous ne m'entendez pas?

MADAME LEK.

Non, je ne suis pas assez fine Pour expliquer tous ces hélas.

M. RISS

Nous sommes seuls.

M. LEK.

Que veut-il dire?

LE PRÉSIDENT

Il cherche à lui conter son douloureux martyre.

M. LEK.

Non, président; c'est qu'il veut rire.

u. RISS. (Alors le spectateur voit les deux femmes dans l'autre cabinet, qui entrent, sur la pointe du pied, en écoutant et en riant.)

Nous sommes seuls.

MADAME LEK.

Eh bien?

M. RISS

Eh bien !

MADAME RISS, daus l'autre cabinet.

le vois.

Paixl paix, pour moi, j'entends fort bien.

M. RISS

Si vous m'aimiez autant que je vous aimel

MADAME LEK.

Qui, moi, monsieur? quoil vous m'aimez?

M. RISS

Vous-même Je ne vous apprends rien, et mes regards cent fois Vous ont appris que mon cœur sous vos lois Âttendoit son bonheur suprême.

MADAME LEK.

Ce discours, monsieur Riss, ne peut-il m'offenser?

M. LEK.

Elle a raison.

UADAME LEK.

Non que je craigne quelque chose, Mais J8 vous prie en grâce de cesser; Cessez, car je vois trop à quoi ceci m'expose.

M. RISS

Ehl faites donc cesser les charmes de ces yeux,

Ce souris, ces lèvres de rose,

Cet incarnat voluptueux.

Où la fraîcheur de la santé repose, Et qui, tel que l'aurore annonce dans les cieux

L'astre qui donne la lumière,

Semble préparer à mes feux, Aux feux du tendre amour, leur brillante carriàre.

Je vous écoute, et cela n'est pas bien.

M. RISS

Dieux I que ne suis-je beau comme je vous vois belle I Morbleu t

LE PRÉSIDENT

Ceci n'est qu'une bagatelle.

M. LEK.

Je n'aime pas cet entretien.

M. RISS

Vous soupirez I

MADAME LEK.

Un cœur trop tendre et trop facile,

Oui dans cet instant prêteroit

L'attention la plus docile A vos discours, sans doute risqueroit De se tromper, et s'en repentlroit.

M. RISS

Non, jamais homme n'eut une âme,

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