SCÈNE XII. — Les précédents, LA NOURRICE, vêtue en paysanne allemande
LA NOURRICE.— Eh! OÙ est-ce donc qu'est mon fils? on dit qu'il part? M. GOURVILLE. —La mère nourrice, écoutez-moi; d'où êtes-vous? de quel pays? de quelle contrée? vous êtes Allemande?
LA NOURRICE. — Oui.
M. GOURVILLE. — De quel endroit?
LA NOURRICE. — De ISoussdorff.
M. GOURVILLE. — De Noussdorff! Qui vous a donné cet enfant?
LA NOURRICE. — Un grand homme, un matin, le troisième de mai. .] me mena à sa m're qui étoit dans une voiture, et me fît partir tout de suite avec elle.
M. GOURVILLE. — Vous donna-t-il de l'argent?
LA NOURRICE.— Cinq louis d'or.
M. GOURVILLE. — Le reconnoîtriez-vous?
LA NOURRICE. — Je crois que oui. Eh! ne me trompé-je pas.... Aher, Herr....' Mais, monsieur, n'est-ce pas vous?
M. GOURVILLE. — Regardez-moi bien. Schauet mich wohl an.
LA NOURRICE. — Non, non ; je ne me trompe pas; vous aviez un habit, un habit.... Blau.... Einen grossen rapp.... zweij hedîente.
M. GOURVILLE. —la, ein blaues Kleid zwey bediente.
LA NOURRICE. — Einen hut mit gala bordiret, und.... und,... und knopflocher , nherall da, uber ail da, ja, Herr, der sind sie, der sind sic; ich hins gcwiss.
M. GOURVILLE. — Und dieser junge Mensch ist der namliche den ich euch ubergeben habe? Der namliche?
-LA NOURRICE. — Dcr namlicke , ja Herr, ja, ja, der namliche, der namliche.
1. Bleu, un grand cheval noir, deux domestiques. M. GOURVILLE. — Un habit bleu, deux domestiques.
LA NOURRICE. — Un chapeau bordé d'or, et.... et.... et.... des boutiniers partout ; eh ! oui, monsieur, c est vous, j'en suis sûre. M. GOURVILLE. — Et c'est 06 jeune homme, le même que je vous ai remis? LA NOURRICE. — Le mémo, oui, monsieur, le même, le même.
M. GOURViLLE. — Der tiamliche! C\e\, c'est mon filsl
FÉLIX. — Votre fils! quoi! vous seriez mon père?
M. GOURVILLE. — Oui, mon fils, je le suis; et je n'en puis douter, c'est à votre père que vous avez sauvé la vie.
FÉLIX. — Que je serois malheureux si vous me trompiez I Ah, Thérèse 1 [Morceau de musique entre Morin et les acteurs présents , chacun suivant leurs passions.)
MORINVILLE. LA MORINIÈRE.
Son fils, son fils, son filsl Son fils, son fils!
Comment, Félix seroit son fils? Hé mais, que faire,
Oui, c'est son fils; Si c'est son père? Il est son fils.
FÉLIX. Je n'en sais rien ,
G ciel! je serois votre fils? IJ rend le bien.
M. GOURVILLE
Oui, oui, vous êtes mon fils.
Que je suis heureux! ah, mon père !