RÉCIT
Par ces bijoux croit-on séduire
Des yeux qui ne voient que lui, Je refuserois un empire Si je l'obtenois sans Vergi.
(Elle regarde les diamants.) Ces diamants peuvent-ils m'éblouir.
Fussent-ils plus brillants encore?
Ils sont beaux, il est vrai : fuels feux ils font jaillir! De quel éclat ce rubis se colore!
(Elle regarde la table de toilette.) Mais que cache à mes yeux ce superbe tapis?
(Elle découvre le miroir.) Ciel! que vois-je ! c'est moi-même!
Quelle surprise extrême!
Qu'un tel miroir est d'un grand prix!
( Sa robe touche au tapis de la toilette.) Le triste habit, près de ce brocart d'or! Ah! Vergi, que n'es-tu maître de ce trésor! Tu loffrirois à ta fidèle Isaure, Tu l'ûffrirois à celle qui t'adore.
Comme j'accepterois tes dons!
Ciel! que vois-je! quel diadème! Quelle élégance extrême!
350 RAOUL BARBE BLKUE.
(Elle pose le diadème sur sa tête.) Comme il ajoute à mes appas!
Comme il ajoute à mes appas!
Est-il beauté que je n'efTace?
Si, telle que flans cette glace, Je pr6sidois dans un tournois, Ma beauté cliarmeroit les rois.
Et pour mes frères quelle gloire!
Ils s'écrieroi^nt : « Voilà ma sœur!
Oui, la voilà : pouvoit-on croire Qu'elle uniroit tant de splendeur!
Pouvoit-on croire! oui, c'est ma sœurC Oui, la voilà : pouvoit-on croire Qu'elle uniroit tant de splendeur! »