‹ Œuvres choisiesChapitre 453 sur 454 · SCÈNE IX. — VERGI, ISAURE, RAOUL, OFMAN · texte numérisé non relu

SCÈNE IX. — VERGI, ISAURE, RAOUL, OFMAN

DES SOLDATS

VERGI. — Eh! seigneur Raoul, considérez sa beauté, sa jeunesse, sa noblesse.

ISAURE. — Seigneur, laissez-vous attendrir.

RAOUL. — Non : allons, qu'on la saisisse.

VERGI. — Hé l)ien! puisque rien ne peut te toucher, monstre, apprends qui je suis. {Il jette ses jupons, qui s'ouvrent par devant cl tombent tout d'une pièce.) Je me nomme Vergi, je suis d'une noblesse égale à la tienne; s'il reste dans ton âme le moindre sentiment d'honnêteté, tu me feras donner des armes et tu viendras me combattre.

RAOUL. — Je suis loin de craindre avec toi les hasards d'un combat, mais je suis maître de tes jours, de tes jours, que ton audace en venant ici t'a fait mériter de perdre; mais, avant d'en disposer, tu verras son supplice, et si j'avois quelque regret de sa mort, ta présence en ces lieux justifieroit ce que je vais faire. Allons.

(Pendant que Raoul entraine et emporte Isaure dans Is cabinet, une symphonie commence; on entend un grand bruit, les portes tombent, Raoul dit : A moi, soldats! Ceux-ci, qui retenaient Vergi avec leurs épées sur son estomac, le quittent pour suivre Raoul. Vergi court chercher Isaure, qui est à la porte du cabinet; dans cet instant les frères et trois chevaliers, deux eu capotes rouges, un en capote bleue, entrent sur la scène : Vergi, qui reconnoit ces chevaliers pour les pères des femmes qui ont précède Isaure, les conduit dans le cabinet. Ils en sortent furieux : un d'eux jette sa capote rouge, court hors du théâtre, et revient en tenant Raoul avec lequel il se bat à outrance . il le tue sur la porte même du cabinet; on lui témoigne la joie d'être delivr du monstre.)

CHŒUR GÉNÉRAL

Vit-on jamais De tels forfaits?

Non, le jour n'éclaira jamais Tant d'horreurs, tant de forfaits.

Ce tyran exécrable.

Ce monstre abominable Expire sous vos coups.

Et sa mort nous venge tous.

Non, le jour n'éclaira jamais

Tant de forfaits.

Mais ce tyran abominable Expire enfin sous vos coups, Et sa mort nous venge tous.

( Ils se retournent vers la coulisse.) Tyran, tyran, tyran exécrable!

Tyr.an, tyran, tyran exécrable!

CHŒUR Di:s FEMMics, excepté Isaure Oubliez vos peines.

L'amour et ses chaînes Ont tant de dyjceursl

ACTI5 m, SCÈNE IX. à69

CHŒUR DES HOMMES, cxcci.té Vergi De mille tendresses Goûtez les faveurs.

Ses tendres caresses Vont sécher vos pleurs.

Soyez longtemps Heureux amants.

ISAUnE. VERGl.

Cher amant, après tant d'alarmes. Chère Isaure, après tant d'alarmes,

De l'amour goûtons les charmes; De l'amour goûtons les charmes;

Oublions nos peines; Oublions nos peines;

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