SCÈNE n
LA MARQUISE. — Je n'en suis pas fâchée.
COTTE. — Hier au soir, vous lui avez conseillé d'y aller.
LA MARQUISE. — Il 60 douroit d'cnvie, et j'altendois des visites. La comtesse de Wordacle....
GOTTE. — Quoi ! cette dame si laide?
LA MARQUISE. — Je ne hais pas les femmes laides.
GOTTE. — Vous pourriez même aimer les jolies.
LA MARQUISE. — Je badine : je ne hais personne. Donnez-moi ce livre. {Elle prend le livre.) Ah! de la morale : je ne lirai pas. Si mon clavecin.... Je vous avois dit de faire arranger mon clavecin-, mais ous ne songez à rien. S'il étoit accordé j'en toucherois.
GOTTE. — Il l'est, madame, le facteur est venu ce matin.
LA MARQUISE. — J'cu joucrai ce soir : cela amusera M. de Clainville.... Je vais broder.... Non, approchez une table, je veux écrire. .■\.h, dieux!
GOTTE approche une table. — La voilà.
LA MARQUISE regarde les plumes et les jette. — Ahl pas une seule plume en état d'écrire.
GOTTE. — En voici de toutes neuves.
LA MARQUISE. — Pensez-vous que je ne les vois pas?... Faites donc fermer cette fenêtre.... Non, je vais m'y remettre, laissez. (La marquise va se remellre à la fenêtre)
GOTTE. — Ah ! de l'humeur, c'est un peu trop. Voilà donc de la morale: de la morale! il faut que je lise cela, pour savoir ce que c'est que la morale. {Elle lit.) Essai sur l'homme. Voilà une singulière morale. Il faut que je lise cela.... {Elle remet le livre.)
LA MARQUISE. — Gotte , Gotte.
GOTTE. — Madame?
LA MARQUISE. — Sonne quelqu'un. Cela sera plaisant.... Ah! c'est un peu.... Il faut que ma réputation soit aussi bien établie qu'elle l'est, pour risquer cette plaisanterie.