‹ Œuvres choisiesChapitre 53 sur 454 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

LA MARQUISE. — Je n'en suis pas fâchée.

COTTE. — Hier au soir, vous lui avez conseillé d'y aller.

LA MARQUISE. — Il 60 douroit d'cnvie, et j'altendois des visites. La comtesse de Wordacle....

GOTTE. — Quoi ! cette dame si laide?

LA MARQUISE. — Je ne hais pas les femmes laides.

GOTTE. — Vous pourriez même aimer les jolies.

LA MARQUISE. — Je badine : je ne hais personne. Donnez-moi ce livre. {Elle prend le livre.) Ah! de la morale : je ne lirai pas. Si mon clavecin.... Je vous avois dit de faire arranger mon clavecin-, mais ous ne songez à rien. S'il étoit accordé j'en toucherois.

GOTTE. — Il l'est, madame, le facteur est venu ce matin.

LA MARQUISE. — J'cu joucrai ce soir : cela amusera M. de Clainville.... Je vais broder.... Non, approchez une table, je veux écrire. .■\.h, dieux!

GOTTE approche une table. — La voilà.

LA MARQUISE regarde les plumes et les jette. — Ahl pas une seule plume en état d'écrire.

GOTTE. — En voici de toutes neuves.

LA MARQUISE. — Pensez-vous que je ne les vois pas?... Faites donc fermer cette fenêtre.... Non, je vais m'y remettre, laissez. (La marquise va se remellre à la fenêtre)

GOTTE. — Ah ! de l'humeur, c'est un peu trop. Voilà donc de la morale: de la morale! il faut que je lise cela, pour savoir ce que c'est que la morale. {Elle lit.) Essai sur l'homme. Voilà une singulière morale. Il faut que je lise cela.... {Elle remet le livre.)

LA MARQUISE. — Gotte , Gotte.

GOTTE. — Madame?

LA MARQUISE. — Sonne quelqu'un. Cela sera plaisant.... Ah! c'est un peu.... Il faut que ma réputation soit aussi bien établie qu'elle l'est, pour risquer cette plaisanterie.

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