‹ Œuvres choisiesChapitre 37 sur 199 · Acte premier. — La scène est au sérail de Jérusalem · texte numérisé non relu

Acte premier. — La scène est au sérail de Jérusalem

Zaue et Fatime sont deux esclaves du Soudan. Zaïre apprend à sa compagne qu'elle est aimée du Soudan Orosmane, qui lui a promis de l'épouser. Fatime lui demande si rien ne la retient :

« Ne vous souvient-il plus que vous fûtes chrétienne ? »

Zaïre possède encore une croix, qui fut trouvée sur elle quand elle était enfant. Mais élevée dès le berceau dans la religion musulmane.

(1) Suit une analyse assez longue de la pièce. Nous nous bornons au résumé ci«joint.

si elle respecte le christianisme, elle avoue que son amour l'incline à la religion de celui qu'elle aime,

« et son cœur qui s'ignore Peut-il admettre un Dieu que son amant abhorre? »

Orosmane, dès le début, se montre très épris et très décidé à rompre avec les habitudes du sérail : il veut n'aimer et n'épouser qu'une seule femme. Mais il exige en retour une réciprocité complète

« Je me croirai haï d'être aimé faiblement. »

A peine a-t-il fait cette déclaration, qu'il voit paraître devant lui un chevalier chrétien, un Français, Nérestan, qui apporte la rançon de Zaïre et, tout en se constituant prisonnier, demande à Orosmane de se conformer aux promesses échangées autrefois, en rendant la liberté à Lusignan et à Zaïre. Orosmane accorde la liberté à cent chevaliers français et à Nérestan, mais il déclare que Lusignan, étant de la race des rois qui ont régné à Jérusalem, devra rester dans les fers. Quant à Zaïre, elle est d'un prix au-dessus de toutes les rançons.

Acte II. — Parmi les chevaliers chrétiens délivrés, s'en trouve un nommé Chà illon. Nérestan lui fait part de sa déception. Il ne peut ramener en France ni Zaïre, ni Lusignan Châtillon rappelle la conduite héroïque de Lusignan lors de la prise de Jérusalem par les Infidèles et bientôt après, lors de la chute de Césarée. Nérestan n'a pas oublié ces événements. Il était alors enfant. Emmené comme otage avec d'autres jeunes chrétiens, dont Zaïre elle-même, il a été élevé à côté d'elle dans le sérail. Châtillon émet l'avis qu'on pourrait user du crédit de Zaïre auprès d'Orosmane pour négocier la liberté de Lusignan

Sur ces entrefaites, Zaïre vient annoncer qu'elle a obtenu d'Orosmane la liberté de celui-ci, qui bientôt parait lui-môme, épuisé par les .ans et par une longue captivité. Il reconnaît Châtillon, il va reconnaître en Zaïre et Nérestan ses propres enfants (II, m). L'intérêt de cette belle scène devient toujours plus vif à mesure qu'on approche de la fin, à cause de l'angoisse qu'éprouve le vieux chevalier en cherchant à savoir si sa fille est restée chrétienne.

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