ACTE I, SCÈNE III
Le sien est de vouloir rimer malgré Minerve;
De s'être, en cheveux gris, avisé de sa verve;
Si l'on peut nommer vervç. une démangeaison
Qui fait Iionte à la rime, ainsi qu'à la raison.
Et, malheureusement^ ce qui vicie abonde.
Du torrent de ses vers sans cesse il nous inonde.
Tout le premier lui-même, il en raille, il en rit.
Grimace! l'auteur perce; il les lit, les relit.
Prétend qu'ils fassent rire ; et, pour peu qu'on en rie.
Le poignard sur la gorge, en fait prendre copie,
Rentre en fougue, s'acharne impitoyablement,
Et, charmé du flatteur, le paye en l'assommant.
DORANTE
Oh! je suis patient, je veux lasser votre homme; Et que de l'encensoir ce soit moi qui l'assomme.
Pour moi je meurs, je tombe, écrasé sous le faix.
DORANTE
Qui vous retient chez lui?
DAMIS
Des raisons que je tais; Et je m'y plairais fort, sans sa muse funeste Dont le poison maudit nous glace et nous empeste. Heureux, quand mon esprit vole à sa région. S'il n'y porte pas l'air de la contagion ! Le voici. Tout le corps me frissonne à l'approche Du griffonnage affreux qu'il a toujours en poche.
134 LA MÉTRÛÀIANIE