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LE COMTE DE MAUREPAS

Élevez-moi, Monseigneur, A la place de censeur.

Il est temps qu'on me la donne.

Eh quoi ! toujours du dessous !

Être censuré de tous.

Et ne censurer personne !

Aux mauvais écrits du temps.

Comme tant d'honnêtes gens.

Ne pas faire un peu la guerre; Ne pas même avoir les droits Qu'eurent sur moi tant de fois Tous les grimauds du parterre !

N'avoir pas également Le privilège agréable De publier poliment.

Le premier, mon jugement Sur un écrit raisonnable !

Ministre aimé, dont le nom Court du Mexique au Japon,

Puis, de là, par-dessus l'onde.

Volant du Cafre au Lapon, Est aux quatre coins du monde j Suprême dispensateur De tout grade littéraire.

Pour m' aider en cette affaire, Encore un coup. Monseigneur, J'implore votre Grandeur :

De moi faites un censeur.

Le projet vous en doit plaire.

Ce Ministre, dira-t-on.

Outre qu'il fut un Caton, Eut encore l'art d'en faire.

Et d'en faire un de Piron.

Puissé-je avoir bonne chance ! Puisse le premier labeur Dont, en juge d'importance, Je me dirai le lecteur Par ordre de Monseigneur Le Chancelier du Royaume, Être un livre, en plus d'un tome, Du style de Vaugelas, Où le temps ne morde pas !

Pur, noble, où rien ne déroge.

Et qui, pour titre, ait : Éloge De Monsieur de Maurepas !

A'i beau zèle i^ui m'enflamme

Je sens bien que de grand cœur J'en serai l'approbateur, N'enrageant pas moins, dans l'âme, De n'en pas être l'auteur *.

A MONSIEDR

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