POUR M. LE MARQUIS D'O
A un fade adulateur, lequel, en flattant le Marquis , voulait l'engage" à prendre un jardinier, dont il cherchait à se débarrasser.
Quel écrit me vient d'Avignon !
Il est fade et par trop mignon ; Vous préconisez mon corsage, Mes yeux, mon nez, ma bouche enfin ; Fi ! l'on ne tient un tel langage Qu'au giton ou qu'à la catin.
Et quant aux qualités du cœur^ Il n'en est point qui fasse honneur, Si l'on n'y joint la modestie.
Or, contre un éloge imprévu, Vous savez son antipathie :
M'en avez-vuus cru dépourvu?
Mon humeur est de ne vouloir De férule ni d'encensoir.
Mes pareils n'ont l'âme occupée Qu'à recevoir, cVua front serein, Leurs ennemis, à coups d'épée ; Leurs amis, le verre à la main.
Enfin, je mets, avec mépris, Fleur et fleurette à même prix.
J'en veux à des choses plus vives.
Rien d'inutile en ma maison !
De vaillants buveurs pour convives Pour jardinier, un vigneron.
A MONSIEDR