‹ Œuvres choisis avec une analyse de son théâtre et des notesChapitre 208 sur 221 · LE BERGER MALADROIT · texte numérisé non relu

LE BERGER MALADROIT

Sur un tendre gazon, Célimène, étendue.

Laissait à ses pieds son amant.

Et l'écoutait nonchalamment Sans lui répondre un mot, sans en paraître émue.

« Tournez du moins vers moi la vue.

Lui disait-il lan^uissamment; Bergère, après avoir aimé si constamment,

Toute ma peine est donc perdue !

Où vîtes- vous plus de respect?

Où voyez- vous plus ili; tendresse?

Les aurai-je toujours, quand j'éprouve, à regret, Que l'un m'est inutile et que l'autre vous blesse?

Comment, de vous, se fait-on donc aimer? Oue dois-je!... » D'en plus dire il ne prit pas la peine,

Voyant les yeux de Célimène

S'appesantir et se fermer.

« Elle s'endort! ah! la cruelle!

Dit tout bas l'innocent berger.

Laissons-la donc en paix, et nous éloignons d'elle. Adieu ! repose, ingrate ! et je vais m'affliger

De ne pouvoir être infidèle. »

Dans la mélancolie aimant à se plonger, A ces mots il passa dans un lieu solitaire.

Pouvait-il pis ni mieux faire

S'il eût voulu se vencer?

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